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"Ouyahia se recueille sur la tombe de Massinissa Guermah."
Rien à dire, bravo !
Il devait y avoir un brin de lassitude dans la voix de Ali Aoun, P-DG de
Saïdal, lorsque, au forum de mes confrères d'El Moudjahid, il a annoncé : "Nous
allons importer des médicaments. Il n'y a pas de raison que nous ne fassions pas
d'argent nous aussi." Je ne connais pas le patron de Saïdal. Je sais juste qu'il
mène avec les cadres de son entreprise un combat pour un médicament algérien
fabriqué ici en Algérie. Je sais aussi que s'il n'était mu que par des intérêts
d'argent, il aurait pu, à l'aise, les doigts dans le nez, en faire ailleurs, en
créant, par exemple, sa propre entreprise d'importation des médicaments.
D'autres ont bien construit leur clinique, l'ont conventionnée à la CNAS et s'y
font un blé fou. Aoun, lui, renvoie l'image d'un emmerdeur têtu. Mais qu'est-ce
qu'il a à vouloir lancer sa satanée usine d'insuline ici, alors que l'Algérie du
baril à près de 60 dollars pourrait importer cette insuline par containers
entiers, faisant le bonheur de ceux qui ont bâti leurs fortunes sur le stress
des diabétiques? On a tort de ne pas accorder l'importance qu'il faut à cet
appel de détresse lancé par le P-DG de Saïdal. C'est toujours inquiétant
lorsqu'un gestionnaire d'une entreprise publique se lâche en …public, avoue son
impuissance devant des pôles quasi maffieux du médicament et avertit que son
entreprise, elle aussi, va faire du fric. Il y a du donquichottisme à défendre
aujourd'hui encore le secteur public du médicament. Un petit côté suicidaire si
l'on considère les sommes qui sont en jeu. Et mis bout à bout, le médicament, la
gestion des hôpitaux, le système de couverture sociale et le statut des
praticiens de santé publique, on comprend mieux que nous sommes en train de
vivre les derniers jours d'un accès aux soins démocratique. De plus en plus, les
CHU et autres polycliniques sont cernés par de rutilantes cliniques privées. En
soi, c'est magnifique. Seulement et seulement si certains patrons de ces
cliniques privées rutilantes ne travaillaient pas de l'intérieur des CHU et des
polycliniques publiques où ils exercent encore à casser l'hôpital et le
médicament du pauvre. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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