Corruptions : Le Premier ministre canadien au centre d'un scandale de corruption

Le Premier ministre canadien, Paul Martin, a promis, jeudi 21 avril, d'organiser des élections après la publication du rapport d'enquête sur le scandale des commandites, une affaire de détournements de fonds publics dans les années 1995-2002 intéressant son parti. Cette annonce traduit sa volonté de reprendre l'initiative à un moment où son gouvernement est au bord de la chute.
“Je m'engage à déclencher des élections générales dans les trente jours suivant la présentation”, prévue en novembre décembre, du rapport final du juge John Gomery, a déclaré M. Martin dans une allocution préenregistrée. Ces élections auraient donc lieu en janvier 2006. “Seul le juge Gomery est à l'abri des interférences politiques. Seul le juge est en mesure de faire la part des choses”, a-t-il expliqué, avant de se dire “prêt à (se) soumettre au jugement des Canadiens”. “Si l'opposition nous précipite dans une élection avant cela, ça sera son choix”, a lancé M. Martin dans cette allocution télévisée très rare pour un Premier ministre au Canada, puisqu'il n'y en avait pas eu depuis 1995 quand Jean Chrétien avait appelé à l'unité du pays à la veille du référendum sur l'indépendance du Québec. “Si un seul dollar a fait son chemin, de façon inappropriée, vers les coffres du Parti libéral, il sera remboursé aux Canadiens et Canadiennes. Je ne veux rien savoir de cet argent”, a lancé Paul Martin, qui entend capitaliser sur le fait que, selon les sondages, la grande majorité des Canadiens est hostile à l'idée de retourner aux urnes, un an tout juste après les dernières élections. C'est lors de ces élections de juin 2004 que les libéraux, déjà affaiblis par le scandale des commandites, avaient perdu leur majorité absolue à la chambre qu'ils contrôlaient depuis 1993. Le scandale est en effet connu depuis trois ans : de 1995 à 2002, des proches du Parti libéral ont détourné des fonds alloués à une vaste campagne de publicité vantant l'unité canadienne au Québec. Mais depuis trois semaines, de nouveaux témoignages d'anciens responsables d'agences de publicité ont décrit un véritable système de financement occulte du parti à base de fausses factures et d'emplois fictifs, ce qui a fait rebondir le scandale et encourager l'opposition.

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