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“Abderezzak El Para bientôt devant le juge d’instruction.”
Tant que c’est devant
J’adoooooore ( à prononcer avec l’accent de Gad El Maleh) l’Algérie ! Non,
mais c’est vrai : nous sommes peut-être le seul pays au monde où la justice
donne d’elle deux images diamétralement opposées dans la même journée et
quasiment dans le même prétoire. On nous jure qu’un vent de sincérité fraîche et
de liberté de ton plane sur les débats au procès Frik. On nous assure que jamais
les justiciables n’ont eu autant la latitude de se défendre, que tous les tabous
ont été cassés et qu’il n’existe plus d’intouchables. Nous, vachement émus par
cette avancée formidable et historique, nous nous apprêtions à fêter cet
événement et cette ère nouvelle lorsque est tombée presque secrètement, en
catimini, comme honteusement, la décision de justice concernant la grève du CLA
programmée pour aujourd’hui : INTERDITE PARCE QUE ILLEGALE. Allez ! Encore un
coup pour rien. J’ai enlevé mon attirail de fêtard, rangé dans le placard à
balais les cotillons et les confettis que je m’apprêtais à utiliser pour
célébrer la renaissance de la justice libre et indépendante et j’ai médité.
Essentiellement sur notre incroyable crédulité. Eh oui ! Quel juge «assez fou»
allait contredire la sentence de Abdekka qui avait décrété l’autre jour ne
reconnaître qu’un seul syndicat, l’UGTA ? Le premier magistrat du pays avait
déjà prononcé la sentence, le pouce baissé pour bien signifier la mort avant
naissance du syndicalisme autonome. Tout ce qui peut venir ensuite n’est là que
pour confirmer le verdict prononcé par la cour suprême d’El Mouradia. Ce qui est
valable pour le CLA me semble aussi valable pour le procès de l’ancien wali
d’Oran. Lorsque, soudain, alors qu’aucun bulletin météo n’avait annoncé
d’éclaircie notable dans le ciel de plus en plus rabougris des libertés
individuelles et collectives, nos salles d’audience se transforment en espaces
super-démocratiques, je me méfie terriblement. J’ai des doutes. Que voulez-vous,
c’est le résultat de quarante ans de conditionnement. Je ne crois pas au miracle
des prétoires. Par expérience ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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