Lundi 25 Avril 2005
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LA COUR DES MIRACLES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Abderezzak El Para bientôt devant le juge d’instruction.”

Tant que c’est devant

J’adoooooore ( à prononcer avec l’accent de Gad El Maleh) l’Algérie ! Non, mais c’est vrai : nous sommes peut-être le seul pays au monde où la justice donne d’elle deux images diamétralement opposées dans la même journée et quasiment dans le même prétoire. On nous jure qu’un vent de sincérité fraîche et de liberté de ton plane sur les débats au procès Frik. On nous assure que jamais les justiciables n’ont eu autant la latitude de se défendre, que tous les tabous ont été cassés et qu’il n’existe plus d’intouchables. Nous, vachement émus par cette avancée formidable et historique, nous nous apprêtions à fêter cet événement et cette ère nouvelle lorsque est tombée presque secrètement, en catimini, comme honteusement, la décision de justice concernant la grève du CLA programmée pour aujourd’hui : INTERDITE PARCE QUE ILLEGALE. Allez ! Encore un coup pour rien. J’ai enlevé mon attirail de fêtard, rangé dans le placard à balais les cotillons et les confettis que je m’apprêtais à utiliser pour célébrer la renaissance de la justice libre et indépendante et j’ai médité. Essentiellement sur notre incroyable crédulité. Eh oui ! Quel juge «assez fou» allait contredire la sentence de Abdekka qui avait décrété l’autre jour ne reconnaître qu’un seul syndicat, l’UGTA ? Le premier magistrat du pays avait déjà prononcé la sentence, le pouce baissé pour bien signifier la mort avant naissance du syndicalisme autonome. Tout ce qui peut venir ensuite n’est là que pour confirmer le verdict prononcé par la cour suprême d’El Mouradia. Ce qui est valable pour le CLA me semble aussi valable pour le procès de l’ancien wali d’Oran. Lorsque, soudain, alors qu’aucun bulletin météo n’avait annoncé d’éclaircie notable dans le ciel de plus en plus rabougris des libertés individuelles et collectives, nos salles d’audience se transforment en espaces super-démocratiques, je me méfie terriblement. J’ai des doutes. Que voulez-vous, c’est le résultat de quarante ans de conditionnement. Je ne crois pas au miracle des prétoires. Par expérience ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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