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Le maire de Paris est catégorique: «Benchicou sera libre
en 2012.»
Merci, Bertrand !
Moi, Delanoë, maire de Paris, c’est un personnage que j’aime bien. D’autant
plus qu’il y a plus d’un mois, une chaîne de télévision française avait diffusé
un sujet fort intéressant sur cet homme politique hors-normes. Je lui avais
trouvé des côtés sympas, notamment cette sacro-sainte habitude de se lever aux
aurores, d’aller acheter — et je dis bien acheter — ses journaux chez le
marchand du quartier et de s’envoyer ensuite un petit noir au café du coin.
Autre habitude dont beaucoup de nos responsables devraient un peu s’inspirer —
rien qu’un peu — c’est le fait d’arriver le premier au bureau. Il est comme ça,
le Bertrand ! Avant l’ensemble de ses collaborateurs, il est déjà derrière une
pile de dossiers, à affiner un discours, à tailler dans un paragraphe, à jauger
de l’effet d’une phrase et à préparer ses rendez-vous de la journée . Et puis,
dernier aspect d’un caractère décidément bien trempé, le maire de Paris n’est
pas un adepte de la langue de bois. Tout au long du reportage, je l’ai entendu
dire les choses sans ambages, parfois même de manière brutale. C’est pour toutes
ces raisons que j’ai été tout de même un peu déçu lorsqu’il a répondu à ma
collègue Saïda qui lui demandait une réaction sur le maintien de Mohamed
Benchicou en prison : «Vous savez, je suis à Alger en tant que maire de Paris, à
l’invitation du préfet d’Alger. Et l’Algérie est un pays souverain.» Du coup, je
ne reconnaissais plus mon petit Bertrand ! Où était donc passé le personnage
fougueux du reportage? Dans quelle consigne de l’aéroport Houari-Boumediene
avait-il laissé son franc-parler et son engagement pour les libertés ? Plus
décevant encore, je ne comprenais pas comment un homme de droite comme Chirac
inscrivait en bonne position la question sur le sort d’intellectuels chinois
emprisonnés lors de son tête-à-tête avec son homologue chinois, alors qu’un
homme de gauche comme Delanoë esquivait d’un joli et gracieux pas de danse toute
allusion à Mohamed. Peut-être y avait-il des sujets moins sensibles, moins
embarrassants, moins casse c… que le sort d’un plumitif algérien en détention.
Il fait beau à Alger en ce moment. Un avant-goût de ce que sera l’été. Et se
promenant dans nos rues baignées de soleil, entre deux séances de dédicace, on
peut, tout à fait par hasard bien sûr, tomber nez à nez avec un membre du Comité
olympique international, lui aussi en promenade champêtre dans Alger la blanche.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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