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«Gouvernement. Le prochain remaniement se confirme. Il serait imminent. »
Tournez manège !
Je regardais hier les images retransmises par la télévision
du dernier Conseil des ministres qui forment le gouvernement re-re-re manié. Et
le plus frappant à travers le balayage de la caméra, c’est leur sourire à
tous. ILS ONT L’AIR CONTENT ! Un peu plus d’ailleurs qu’une simple
impression de bonne humeur, je suis sûr que ces gens-là, entre anciens et
nouveaux promus dans la super league des ministres de la République, sont
vraiment contents. J’en suis même arrivé à la conclusion aussi
inébranlable que la carrière de Benbouzid et Ould Abbès réunis que ces
gens-là sont profondément satisfaits. Terrible constat décalé pour les
citoyens qui rentrent chez eux le soir, qui allument leur télé et qui tombent
sur cette terre de béatitude qu’est un conseil des ministres. Après une
journée harassante pour ceux d’entre nous qui bossent, harassante et
angoissante pour ceux d’entre nous qui sont au chômage, vous vous dites que
rentrer chez vous, ça va vous détendre, vous faire oublier les galères et,
paf ! Sur quoi vous tombez ? Sur les mines les plus réjouies de la planète ! C’est
rageant. C’est limite pervers. Bon, d’accord, on ne demande pas aux
ministres de chialer tout leur saoul lors des conseils et autres réunions de
travail. Mais tout de même ! Un peu de rahma pour nous qui vous regardons. Je
sais que si vous faites l’effort, vous y arriverez. Ayez un sourire contenu,
presque gêné, à la frontière de la contrition. Wallah que ça allégerait un
peu nos souffrances. Nous aurions l’impression, même légère, que vous vivez
encore un p’tit chouïa avec nous. Vous pouvez aussi rajouter à votre sourire
compatissant un air grave qui tendrait à nous faire croire que vous ne vous en
foutez pas complètement de notre sort, que de temps en temps, un éclair d’inquiétude
même feinte vous traverse le visage et le déforme un peu. Allah yarham
waldikoum, faites ça pour nous. Parce que, pour le moment, vos sourires
affichés en permanence, vos mines resplendissantes et vos rires plus gras que
du mauvais cholestérol nous giclent à la figure comme autant d’insultes à
un quotidien algérien aux antipodes de votre bonne humeur. En attendant que
vous rengainiez vos sourires dans vos holsters, nous fumons du thé pour rester
éveillés, le cauchemar continue.
H. L.
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