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“Immigration clandestine. De plus en plus de Touareg à…”
…Blida
Ainsi donc, les contours de notre amnistie générale se "précisent" un peu
plus. Nos dirigeants seraient en train, en ce moment, d’étudier sérieusement
deux options, celle de l’Afrique du Sud et, plus récemment, à l’occasion du
voyage d’étude de Abdekka à Santiago, celle du Chili. Mince ! Et moi qui pensais
que le projet de grand pardon en était à une étape élaborée, réfléchie et
structurée, je découvre effaré que nous en sommes encore à hésiter entre Mandela
et Allende. C’est dire si tout le débat actuel sur "faut-il être d’accord ou pas
avec l’amnistie ?" est puéril pour ne pas dire vachement anticipé. Nous ne
savons même pas nous-mêmes si nous allons pardonner au bout de longues et
pathétiques déballages organisés sous forme de procès populaires ou si nous
allons charger des équipes de magistrats teigneux de re-tracer page par page,
épisode après épisode ce qui s’est réellement passé dans des caves qui
ressemblent vachement à celles de la police politique de Pinochet. Alors que les
initiateurs d’une amnistie algérienne qui ne s’est pas encore décidée à trancher
pour l’un des deux modèles, le Sud-Africain ou le Chilien en sont là de leurs
hésitations, il s’en trouve qui n’hésitent pas une seconde : les tangos. Ils
viennent encore une fois de montrer la seule voie possible au pardon algérien :
"chamel et massif". Et ils y travaillent comme ils viennent de le démontrer à
Khenchela et à Skikda. Mais ne soyons pas "injustes" avec les assassins de
militaires qui disent à leur manière qu’il faut vite pardonner et tout pardonner
aux monstres. Ils sont grandement aidés dans leur tâche par des célébrités
ressorties depuis quelques mois déjà des fermes de notre histoire. Quand
j’entends Ben Bella dire dans l’enceinte de l’université de Tlemcen, devant un
président en exercice qui opinait du chef que lui, le zaïm aux dons de
divination époustouflants, avait, dès les années 90, prévu les contours de la
grande tragédie nationale et que nous aurions fait l’économie de milliers de
morts si nous avions vendu notre âme aux prêtres de Sant’Egidio, je me dis que
l’usine algérienne à pardon va fonctionner à plein régime, en 3X8, sans
possibilité de congé ni de droit de grève. Les tests de productivité seront
tellement probants chez nous qu’il est fort possible que nous bouclions notre
dossier amnistie avant même que les juges chiliens n’aient définitivement
déclaré Pinochet coupable de crimes à grande échelle mais inapte à
l’incarcération. Nous allons les doubler, vous allez voir. En attendant, fumons
du thé et restons éveillés, le cauchemar continue.
H. L.
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