Mardi 17 Mai 2005
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L’USINE A PARDON !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Immigration clandestine. De plus en plus de Touareg à…”

…Blida

Ainsi donc, les contours de notre amnistie générale se "précisent" un peu plus. Nos dirigeants seraient en train, en ce moment, d’étudier sérieusement deux options, celle de l’Afrique du Sud et, plus récemment, à l’occasion du voyage d’étude de Abdekka à Santiago, celle du Chili. Mince ! Et moi qui pensais que le projet de grand pardon en était à une étape élaborée, réfléchie et structurée, je découvre effaré que nous en sommes encore à hésiter entre Mandela et Allende. C’est dire si tout le débat actuel sur "faut-il être d’accord ou pas avec l’amnistie ?" est puéril pour ne pas dire vachement anticipé. Nous ne savons même pas nous-mêmes si nous allons pardonner au bout de longues et pathétiques déballages organisés sous forme de procès populaires ou si nous allons charger des équipes de magistrats teigneux de re-tracer page par page, épisode après épisode ce qui s’est réellement passé dans des caves qui ressemblent vachement à celles de la police politique de Pinochet. Alors que les initiateurs d’une amnistie algérienne qui ne s’est pas encore décidée à trancher pour l’un des deux modèles, le Sud-Africain ou le Chilien en sont là de leurs hésitations, il s’en trouve qui n’hésitent pas une seconde : les tangos. Ils viennent encore une fois de montrer la seule voie possible au pardon algérien : "chamel et massif". Et ils y travaillent comme ils viennent de le démontrer à Khenchela et à Skikda. Mais ne soyons pas "injustes" avec les assassins de militaires qui disent à leur manière qu’il faut vite pardonner et tout pardonner aux monstres. Ils sont grandement aidés dans leur tâche par des célébrités ressorties depuis quelques mois déjà des fermes de notre histoire. Quand j’entends Ben Bella dire dans l’enceinte de l’université de Tlemcen, devant un président en exercice qui opinait du chef que lui, le zaïm aux dons de divination époustouflants, avait, dès les années 90, prévu les contours de la grande tragédie nationale et que nous aurions fait l’économie de milliers de morts si nous avions vendu notre âme aux prêtres de Sant’Egidio, je me dis que l’usine algérienne à pardon va fonctionner à plein régime, en 3X8, sans possibilité de congé ni de droit de grève. Les tests de productivité seront tellement probants chez nous qu’il est fort possible que nous bouclions notre dossier amnistie avant même que les juges chiliens n’aient définitivement déclaré Pinochet coupable de crimes à grande échelle mais inapte à l’incarcération. Nous allons les doubler, vous allez voir. En attendant, fumons du thé et restons éveillés, le cauchemar continue.

H. L.

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