|
“Ouyahia. Même les Marocains…”
…n’en veulent pas!
Il est exagéré de dire que la situation du pays est bloquée. Soyons plus en
phase avec les subtilités que nous offre la langue française et évoquons plutôt
certaines difficultés qui gênent imperceptiblement le décollage du pays. Bien
sûr, les amateurs de raccourcis et les attiseurs de feu s’attacheront à
souligner au rouge à lèvres hyper gras les vives tensions régnant selon eux au
sein de l’Alliance. Disons-le tout net : c’est de la mauvaise foi et de la
médisance. Au sein de la Sainte Alliance, il règne une ambiance de «oukhouwa»,
de dialogue et de sérénité. Y a-t-il meilleure preuve de cela que cet amour pour
Ouyahia et pour Aboudjerra Soltani que charrient les yeux énamourés de Belkhadem
? C’est la même chose pour la Cnag, la Commission nationale pour l’amnistie
générale. Si elle a gelé ses travaux et si Ben Bella l’a dénoncée comme un
véritable panier à crabes aux pinces acérées, c’est pour mieux repartir, pour
rebondir de plus belle. Dans ces critiques en apparence virulentes, il ne faut
voir en fait que la réprimande d’un père, H’mimed, à ses enfants, des enfants
peut-être quelque peu gourmands. J’ai aussi entendu les mêmes personnes
malintentionnées expliquer le blocage du pays par la vacance de la présidence du
Conseil constitutionnel. Je trouve l’argument fâcheusement fallacieux ! Car un
pays qui a cette chance inouïe d’avoir un président aussi sage que le nôtre,
doté de capacités d’arbitrage hors normes n’a pas besoin de nommer un président
à la tête d’un Conseil constitutionnel. A la réflexion, ce pays-là n’a même pas
besoin de conseil tout court ! Même chose pour les personnes qui se plaignent ou
font mine de se plaindre du fait que les postes de ministre de la Communication
et de ministre de la Communauté nationale à l’étranger n’aient pas été pourvus.
Allez comprendre ces journalistes ! Lorsque nous leur nommions un ministre, ils
n’étaient pas contents. Et là, parce que nous n’en avons pas nommé, ils ne sont
pas plus contents. Pour ce qui est de notre communauté à l’étranger, laissons-la
tranquille, elle se débrouille très bien sans nous. Z’avez qu’à demander à Assia
Djebar. Non, moi je vous le dis tout net : ceux qui veulent nous expliquer que
le pays est bloqué parce que les membres de l’Alliance ne rêvent que de
s’assassiner mutuellement, que l’organe qui doit veiller sur notre Constitution
est sans tête, que notre Premier ministre a géré sa très sensible visite au
Maroc comme un manche à balai ou encore ceux qui crient au malaise profond parce
que deux portefeuilles n’ont pas été attribués dans un gouvernement de l’urgence
remanié depuis plusieurs semaines déjà, tous ceux-là, nous les renions ! Layssou
minna ! Wa lassna minhoum ! Et nous ne pouvons que leur conseiller, dans notre
immense mansuétude, de fumer du thé pour rester éveillés, leur cauchemar
continue.
H. L.
|