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“Qu’est-ce qui va changer en Iran après cette présidentielle remportée
par un dur ? Avant, on enterrait les femmes qu’on lapidait pour
adultère.
Désormais, on abandonnera leurs dépouilles aux charognards”.
C’est sûr, y a un net recul des libertés
dans ce pays !
Ils doivent moins rire les avisés qui nous disaient que quelque chose de très
intéressant était en train de se passer depuis quelques années en Iran, que les
choses bougeaient, que Téhéran n’était plus cette cité à l’austérité affichée et
ostentatoire. D’autres qui doivent encore moins rire, ce sont ces journalistes
français et suisses partis en reportage en Iran, à quelques jours des
présidentielles et qui en sont revenus avec des images enthousiasmantes d’un
pays jadis craint et où l’on aurait presque envie aujourd’hui d’aller vivre :
filles maquillées et très léger et volatil t’chador ne couvrant qu’un tiers des
cheveux. L’œil de la caméra étrangement libre était même allé débusquer la
jeunesse iranienne heureuse sur des plages n’ayant presque rien à envier aux
côtes occidentales, n’était-ce des passages discrets et presque timides de
pasdaran devant l’objectif. Il a suffi d’un scrutin à deux tours et de la sortie
au balcon d’un petit homme sec, la barbichette en avant, l’œil aussi froid que
la lame d’un sabre et dont le slogan en tant que nouveau chef de l’Etat iranien
se résume à cette formule choc : “Je serai l’éboueur qui nettoiera le pays de
l’influence occidentale” pour que l’enthousiasme occidental retombe de plusieurs
degrés. Voilà Mahmoud Ahmadinejad, nouveau chef de l’Etat iranien. Dites-lui
bonjour, mon petit doigt me dit qu’on le reverra souvent sur le devant de la
scène, d’autant plus qu’aussitôt élu, il s’en est vertement pris au grand Satan
américain. Mais dans tout cela, le plus important n’est pas que les Iraniens
aient choisi un mec moins cool que Rafsandjani. Non ! Ce que je trouve
fabuleusement dangereux et hypocrite, c’est qu’aujourd’hui, on dise d’un
Rafsandjani qu’il était un modéré. Et que son rival est un dur des durs. Comment
font-ils ces alchimistes de l’intégrisme, ces doseurs du venin taliban, ces
physiciens de la chariaâ pour distinguer chez tel ou tel candidat le degré exact
de virulence et de modération ? Je suis franchement épaté. En fait, la voilà la
grosse escroquerie ! Celle qui consiste à établir des taux de nuisance
intégriste, du plus acceptable au plus intolérable. Avec tel président, on peut.
Avec tel autre, c’est difficile. Avec celui-ci, c’est carrément impossible. De
ces distinguos qu’affectionnaient de belles consœurs en jupe courte et de
mignons confrères gominés qui voulaient nous convaincre que Hachani n’était pas
Zitouni et que nous n’avions rien compris à l’humanité d’un Ali Benhadj. Depuis,
bien sûr, ces consœurs et confrères ont détalé sous d’autres cieux. Et nous,
nous sommes restés ici, avec la seule certitude que nous brandirons à chaque
fois qu’il le faudra : un intégriste est un intégriste. Il n’y a pas de bon
intégrisme et de mauvais intégrisme. Et l’intégrisme se combat. De préférence à
partir d’ici ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.
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