Lundi 11 Juillet 2005
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INCONTINENCE SÉCURITAIRE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Déclaration du magistrat en charge de l’affaire Jutop :
«L’affaire suit son cours…

… y a aucun pépin ! »

On ne pourra pas reprocher au patron de la police Ali Tounsi son manque de sincérité. Sur un ton ferme, posé et déterminé, il a déclaré, hier, aux journalistes : « des repentis se sont reconvertis dans le banditisme. » Pour être à la hauteur de la franchise du premier policier du pays tentons à notre tour cet exercice de franche logique : un terroriste qui prend la décision de se repentir doit d’abord se rendre. Il entre en contact par quelque moyen que ce soit avec les autorités en charge de ce dossier. Il est donc identifié. Une fois qu’il dépose les armes, qu’il quitte sa montagne et qu’il descend en ville, il n’est plus ce tango indéfinissable, cet élément armé non répertorié. Il a un pedigree. Un nom, un prénom, une filiation établie, une couleur de yeux, une taille en centimètres et un relevé des signes particuliers comme un grain de beauté au milieu du nez ou, le comble pour un mec du GIA ou du GSPC, une tache de vin sur le front. On lui établit également des papiers avec une adresse déterminée. Et ce n’est pas fini ! Je suppose aussi qu’un repenti est astreint à des passages réguliers et enregistrés dans des structures de sécurité. Il doit signer un registre destiné à établir une "traçabilité" minutieuse de notre bonhomme. Alors ? Comment se fait-il qu’avec toutes ces précautions, des gens fichés, répertoriés, mesurés, photographiés, presque tatoués s’en vont ensuite allègrement dans la nature pratiquer ce que monsieur Tounsi appelle « le banditisme » ? Comment peut-on perdre la trace d’un repenti catalogué et référencé au diable vauvert alors qu’on est capable de monter des planques diaboliques autour des domiciles des journalistes, les suivre lorsqu’ils font leurs courses, savoir à la minute près à quel moment ils seront devant l’étalage du marchand de melons pour les embarquer comme du poisson pourri et les mener ensuite chez monsieur le juge pour interrogatoire ? Doit-on passer des bracelets de détection électronique aux chevilles des repentis pour être sûr de ne pas les perdre dans la nature ? En fait, à chaque fois qu’on m’annonce qu’un repenti a pris la clé des champs et s’est reconverti dans le banditisme, j’ai toujours la même pensée révoltée. Une pensée pour la somme d’efforts qu’il aura fallu aux éléments des services de sécurité pour entrer en contact avec le gugusse, le cuisiner et l’amener à déposer les armes. Un temps précieux. Un temps gâché pour de la vermine. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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