Samedi 16 Juillet 2005
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Panorama
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Culture
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

TOUTES NOS EXCUSES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Quelqu’un peut me dire ce que devient Boukrouh ? »

Cé juste 1 question!

Monsieur le Wali de Béchar ne semblait pas très content ce jeudi en recevant la société civile de la ville. La peau bronzée, mais pas trop, des grains de sable encore collés aux orteils, une serviette de plage sur l’épaule, il a déclaré : «Vous voyez, j’étais en vacances à Oran, tranquille et j’ai interrompu mon congé pour revenir.» Bonté divine ! Bien sûr qu’il y a des émeutes en ce moment dans Béchar. Bien sûr que des jeunes manifestants ont été condamnés à des peines de prison. Bien sûr qu’il y a des blessés entre population et forces de l’ordre. Bien sûr que des édifices publics et privés ont été saccagés. Bien sûr qu’il ne fait pas bon vivre à Béchar. Mais sont-ce là des raisons valables pour déranger Monsieur le Wali ? Etait-il vraiment nécessaire de lui faire quitter, huit longs jours après le début des émeutes, la douceur des plages d’Oran où il goûtait un repos qu’apparemment lui seul croit mérité ? C’est tout simplement scandaleux et inhumain de traiter ainsi un pauvre wali. Le droit au congé est officiellement reconnu par le code du travail. Il est même consigné dans un texte sacré, la Constitution. Et c’est une grave atteinte aux droits citoyens d’un wali que de lui faire interrompre son congé, son bronzage et de le faire revenir dans la fournaise tout aussi bronzante des pneus qui brûlent dans le quartier de Béchar-Djedid. Je ne sais quelle tournure vont prendre les évènements à Béchar. Je ne sais pas non plus à quelle escalade nous allons avoir droit. Mais j’imagine que Monsieur le Wali, face aux graves dérapages dont il a été victime, ne se laissera pas faire et ne restera pas les bras croisés. Dans un premier temps, il pourrait saisir l’Inspection du travail pour atteinte au droit au congé. Si cette procédure n’aboutit pas rapidement, Monsieur le Wali pourrait — et c’est son droit le plus absolu — saisir la justice pour réparation. Ceux qui ont perturbé ses vacances oranaises doivent payer ! Car, quoi qu’on en dise, nous sommes encore dans un Etat de droit. Et là, les droits au bronzage et au farniente d’un wali dont la région brûle ont été bafoués. C’est intolérable ! En attendant que Monsieur le Wali soit rétabli dans ses droits, je fume du thé et je reste éveillé et mobilisé autour de cette noble cause, le cauchemar continue.

H. L.

Nombre de lecture : 3012

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site