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«Prochain mouvement dans le corps des walis. Celui de
Béchar pressenti pour remplacer celui d’Alger…»
… lequel officiait avant à Djelfa
Mais ils étaient morts ! Ils ont été éradiqués, yakhi ? On nous avait assuré
qu’ils n’existaient plus, décapités par les coups de boutoir répétés et le
travail de sape extraordinaire de nos valeureux services de sécurité ? Comment
se fait-il alors que les GIA réapparaissent «miraculeusement» et soient
authentifiés comme auteurs certifiés de l’embuscade meurtrière de Aïn-Defla ?
J’ai pourtant souvenance d’un lointain et non moins officiel communiqué qui
affirmait que les GIA avaient été réduits à néant et que n’en subsistaient que
des éléments isolés sans réelle capacité de nuisance. Si l’on se réfère au film
de l’attaque de Aïn-Defla, au degré d’organisation des assaillants et à la
minutie du raid, on peut douter que ce soit là l’œuvre de mecs esseulés, isolés,
affaiblis, affamés, hagards, épuisés et au bord du «rendage». Mais voilà, les
officiels ont dit et écrit que Aïn-Defla, c’est les GIA, il faut donc les croire
sur parole. Mais en même temps, ça m’effraie un peu. Imaginez le rodéo des
revenants auquel nous risquons de faire face dans les prochains jours et mois.
Demain, un bus sera mitraillé dans la Chiffa, et l’on nous annoncera en
conférence de presse que cet acte ignoble et lâche est signé Djamel Zitouni.
Dans une semaine, un haut cadre dirigeant d’une grosse entreprise stratégique
sera assassiné en plein jour, dans un marché hyperfréquenté, et l’on nous
assurera que cet assassinat est l’œuvre du FIDA. Plus tard, un wali impliqué
dans des affaires de foncier sera tué sur un tronçon de route isolé et l’on nous
jurera que les assassins font partie du groupe Bouyali. Dans cette folle
sarabande des morts vivants, dans cette saga des revenants du terrorisme notons
tout de même avec satisfaction que si un journaliste venait à être abattu, y
aurait pas débat, pas de problème d’identification des tueurs ! Eh ouais ! C’est
l’évidence même ! Autant pour un bus de simples citoyens, pour de hauts cadres
ou pour un raid sur un village, on peut ressusciter les GIA, le FIDA, le MIA et
le groupe Bouyali, autant pour un journaliste, on n’a même pas besoin de rouvrir
les tombes et les caveaux des tangos : un assassin de journaliste, ça peut être
n’importe quel quidam patriote qui aura juste pris au mot les plus hautes
instances du pays. Lesquelles ont paraphé une fetwa toujours en vigueur et qui
désigne clairement la plume comme «une arme plus assassine que celle des groupes
terroristes». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.
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