Jeudi 21 Juillet 2005
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AU SECOURS, LES TOMBES
SONT ROUVERTES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Prochain mouvement dans le corps des walis. Celui de
Béchar pressenti pour remplacer celui d’Alger…»

… lequel officiait avant à Djelfa

Mais ils étaient morts ! Ils ont été éradiqués, yakhi ? On nous avait assuré qu’ils n’existaient plus, décapités par les coups de boutoir répétés et le travail de sape extraordinaire de nos valeureux services de sécurité ? Comment se fait-il alors que les GIA réapparaissent «miraculeusement» et soient authentifiés comme auteurs certifiés de l’embuscade meurtrière de Aïn-Defla ? J’ai pourtant souvenance d’un lointain et non moins officiel communiqué qui affirmait que les GIA avaient été réduits à néant et que n’en subsistaient que des éléments isolés sans réelle capacité de nuisance. Si l’on se réfère au film de l’attaque de Aïn-Defla, au degré d’organisation des assaillants et à la minutie du raid, on peut douter que ce soit là l’œuvre de mecs esseulés, isolés, affaiblis, affamés, hagards, épuisés et au bord du «rendage». Mais voilà, les officiels ont dit et écrit que Aïn-Defla, c’est les GIA, il faut donc les croire sur parole. Mais en même temps, ça m’effraie un peu. Imaginez le rodéo des revenants auquel nous risquons de faire face dans les prochains jours et mois. Demain, un bus sera mitraillé dans la Chiffa, et l’on nous annoncera en conférence de presse que cet acte ignoble et lâche est signé Djamel Zitouni. Dans une semaine, un haut cadre dirigeant d’une grosse entreprise stratégique sera assassiné en plein jour, dans un marché hyperfréquenté, et l’on nous assurera que cet assassinat est l’œuvre du FIDA. Plus tard, un wali impliqué dans des affaires de foncier sera tué sur un tronçon de route isolé et l’on nous jurera que les assassins font partie du groupe Bouyali. Dans cette folle sarabande des morts vivants, dans cette saga des revenants du terrorisme notons tout de même avec satisfaction que si un journaliste venait à être abattu, y aurait pas débat, pas de problème d’identification des tueurs ! Eh ouais ! C’est l’évidence même ! Autant pour un bus de simples citoyens, pour de hauts cadres ou pour un raid sur un village, on peut ressusciter les GIA, le FIDA, le MIA et le groupe Bouyali, autant pour un journaliste, on n’a même pas besoin de rouvrir les tombes et les caveaux des tangos : un assassin de journaliste, ça peut être n’importe quel quidam patriote qui aura juste pris au mot les plus hautes instances du pays. Lesquelles ont paraphé une fetwa toujours en vigueur et qui désigne clairement la plume comme «une arme plus assassine que celle des groupes terroristes». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. H. L.

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