Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, qui a épilogué hier la session ordinaire du conseil national du parti par une conférence de presse, a infirmé de nouveau la perspective d’une révision constitutionnelle à court et moyen terme. Le RND, logiquement donc, ne s’en préoccupe point. En revanche, il a le souci avoué de la prochaine compétition électorale fondamentalement circonscrite à la Kabylie pour laquelle il confectionnera des listes exclusivement partisanes. Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir)- L’alliance présidentielle, que le patron du RND estime bien assise et bien portante en dépit de quelques “étincelles”, ne fera pas du prochain rendez-vous électoral, les locales partielles, une opportunité pour “une entente électorale”. Le secrétaire général du RND a coupé court à la spéculation et la conjecture à propos d’éventuelles listes communes. “Il est souhaitable que chaque parti présente ses propres listes.” Le leader du MSP, qui a suggéré l’idée d’une composition électorale, est à présent éclairé. Le Front de libération nationale, qui appelle, lui, de tous ses vœux à une révision constitutionnelle, est également fixé. “La révision constitutionnelle n’est pas une question d’actualité”, a tranché Ahmed Ouyahia, fondant sa conviction sur le fait que “le chef de l’Etat se préoccupe de questions nationales majeures et d’entre celles-ci, la réconciliation nationale”. Demeurant, par ailleurs, sur son soutien infaillible au président de la République, le RND sera de la campagne pour la réussite du référendum sur la réconciliation nationale. Son secrétaire général ne se soucie guère du contenu de cette notion. “Nous délivrons un chèque en blanc”, voilà par quoi Ouyahia exprime l’adhésion intégrale de son parti au projet présidentiel d’amnistie générale. La précision qui vaudra que le projet en question ne soit pas “un contrat passé avec les islamistes” ne diminue en rien de l’engagement d’Ouyahia et donc du RND pour la réconciliation nationale. Quand aura lieu le référendum ? Le secrétaire général du RND a dit ne pas être dans “le secret des dieux”. Incidemment, cependant, il a laissé comprendre qu’il interviendra durant les six mois à venir, fort probablement immédiatement après les élections locales partielles. “Avant le prochain conseil national du parti, le peuple algérien se sera exprimé sur la réconciliation nationale”, a-t-il lâché. Statutairement, les sessions ordinaires du conseil national du RND se tiennent, pour rappel, tous les six mois. Appréciant la relation internationale, notamment algéro-française et algéro-marocaine, le secrétaire général du RND a estimé que la loi française du 23 février en faveur des harkis et des rapatriés “a perturbé la perspective du traité d’amitié”. Une loi qu’il a pris soin de dénoncer vigoureusement la veille. “Nous exigeons d’être respectés, que le révisionnisme qui n’est pas acceptable dans d’autres circonstances historiques ne soit pas de mise dans le cas algérien”, a-t-il dit, après s’être interrogé “ est-ce une manœuvre qui vise à nous faire oublier notre demande de pardon avant d’aller vers le traité d’amitié?”. Réitérant, par ailleurs, le soutien de son parti au Polisario, Ahmed Ouyahia a dénoncé la répression que subissent les Sahraouis. “ On ne peut se taire sur cela au nom de la fraternité. Il n’y aura pas d’UMA au détriment des principes.” Le secrétaire général du RND a dénoncé le l’enlèvement avant-hier des deux diplomates algériens en Irak et exige leur libération. Ouyahia a estimé qu’il n’y a pas lieu de surenchérir à propos et qu’il “faut laisser la machine de l’Etat faire son travail”. Le chef du gouvernement Ouyahia s’est retenu de s’exprimer hier. Il ne dira rien à propos des députés issus de la Kabylie. Tout comme il ne dira mot sur la vacance des postes ministériels depuis le dernier remaniement. “Je transmettrai au chef du gouvernement”, s’est-il contenté de rétorquer aux sollicitations des confrères. S. A. I.
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