
Culture : CONTRIBUTION L’ABEILLE Dévouement depuis 80 millions d'années
L’abeille a fait son apparition sur Terre bien avant nous, il y a 80
millions d’années, d’après les plus récentes découvertes et elle n’a jamais
changé. Elle naît pour travailler et, sans compter le rôle primordial
qu’elle joue en tant qu’agent pollinisateur dans le domaine agricole, elle
procure inlassablement ses produits aux humains : miel, pollen, cire, gelée
royale, propolise.
Le miel surtout, cet aliment exquis, “cette rosée
aérienne, ce “présent du Ciel” a de tout temps été chanté par les poètes.
Dans toutes les civilisations, sous tous les climats, il a laissé avec
l’abeille une empreinte profonde dans la vie des hommes. Dégustons-le avec
Jane Cutuelle- Mendès qui l’apprécie ces termes : “Je goûte le miel
merveilleux glissant des rondes cellules de cire, et il ne semble voir
couler les sources mêmes de la poésie et me nourrir du sang blond et sucré
des fleurs amoureuses.” Les plus anciens documents concernant l’abeille
remontent à l’ancienne Egypte. En effet, sur un bas-relief exécuté il y a
environ 5000 ans, représentant la récolte et l’extraction du miel, se trouve
dans la salle égyptienne du Muséum d’histoire naturelle de Berlin. Sur un
autre bas-relief, en Egypte, vers 2 400 ans avant J. C., un homme est à
genoux devant un rucher constitué de poteries disposées horizontalement et
empilées les unes sur les autres. Le papyrus Ebers, conservé à la
bibliothèque de Lepzig, relate que déjà 1600 ans avant J. C. les anciens
Egyptiens nourrissaient et soignaient leurs enfants avec le miel. Au XIIe
siècle, Abdellah Benhmed, médecin arabe, écrivit : “Du point de vue
thérapeutique, le miel a de précieuses propriétés : il agit d’une manière
utile sur le système nerveux et sur le sang. Appliqué sur les blessures
profondes des ulcères, des plaies en suppuration ou gangrenées, il détruit
les germes du mal et fait reformer les chairs. Il ne constitue pas seulement
un remède curatif, c’est aussi un préservatif en même temps qu’un puissant
antiseptique.” Suivons, durant toute sa vie, environ 42 jours au printemps,
les travaux successifs d’une ouvrière. Pour produire un kilo de miel,
l’abeille parcourt plus de 40 000 km, l’équivalent du tour de la Terre. Dans
son ouvrage et sous le titre Un pot de miel vaut un tour du monde, Signorini
le démontre ainsi : “Pour emplir son jabot, soit 2 kg de nectar, l’abeille
visite environ 150 fleurs. Il faut donc 7500 fleurs pour obtenir 1 g. Si on
considère d’autre part que 2/3 de l’effectif de la ruche assure à lui seul
une moyenne de 17 à 30 voyages-récoltes et que chacun correspond à une
moyenne de 1 km, une butineuse peut atteindre 20 km pour entrer 40 cg de
nectar. Pour 1 kg de miel, il faut donc compter plus de 40 000 km, le tour
de la Terre. Oui, l’abeille a toujours attiré de l’estime, de la gratitude
et du respect comme on le sent dans ce beau poème ci-contre de Th. Botrel.
Chérif Abderrahim
J’ai dit un jour à
l’abeille :
“Repose toi donc un
peu,
T’efforçant d’être pareille
A ce gai papillon bleu,
Sur la rose ou la pensée
Vois, il flane en
rêvassant.”
Oui, mais moi, je suis
pressée,
m’a dit l’abeille en
passant.
Lui montrant la libellule,
Je lui dis, un autre jour :
“Viens, de l’aube au
crépuscule,
Danser, comme elle, à
ton tour,
Ne l’admires-tu, subtile,
Valsant, là-bas, sur
l’étang ?”
Si, mais moi, je suis utile
!
m’a dit l’abeille, en
partant.
Hier, enfin, devant la
porte
de son petit temple d’or,
Je l’aperçu, demi-morte,
lourde de son pollen
encore,
“Repose-toi, pauvre bête
!”
lui dis-je en la secourant,
“Oui, puisque ma tâche
est faite”
m’a dit l’abeille, en
mourant.
Th. Botrel
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