Régions Est : CONSTANTINE/ANSEJ
Les pépinières, un concept à généraliser


Deux mille cinq cents entreprises ont été créées par le biais de l’Agence nationale de l’emploi. D’un coût d’investissement dépassant les 3.900.000.000 au moment où les apports personnels des jeunes promoteurs ont atteint les 600.000.000 DA, ces micro-entreprises ont permis la création de 8000 postes d’emplois directs et permanents.
Aléatoire, la crédibilité de ce dispositif reste néanmoins tributaire des entraves bureaucratiques rencontrées par les jeunes chômeurs qui y ont souscrit. Pourtant, de l’avis même du directeur de l’Agence de l’emploi, M. Belmili en l’occurrence, «la micro-entreprise est la base de l’économie, elle est davantage un moyen incontournable dans le développement local de par le nombre important d’emplois créés et par la valeur ajoutée qu’elle dégage. En France par exemple, 80 % des établissements sont des micro-entreprises » . En Algérie, l’impact du dispositif Ansej n’est toujours pas palpable. La cessation d’activité et autres déficits enregistrés par des micro-entreprises nouvellement créées suscitent les hésitations des postulants et altèrent quelque peu leur volonté de réussir leurs projets. A ce propos, M. Belmili dira : «il faut d’abord donner le vrai sens au mot déficit, il diffère d’une personne à une autre et je dois dire que créer une entreprise, ce n’est pas bâtir un immeuble. Cela nécessite, une vraie étude qui prend en considération toutes les éventuelles fluctuations du marché, que ce soit pour la création d’une entreprise de production ou de service». Et d’enchaîner : «nous effectuons régulièrement des formations au niveau local ou régional afin d’accompagner le jeune investisseur et lui tracer les grandes lignes à suivre pour mener au mieux la gestion de son entreprise et je pense intimement que la micro-entreprise est un véritable investissement et une réussite, notamment lorsqu’on enregistre un taux de remboursement bancaire de 70 %, ce qui prouve qu’on a dépassé de loin les normes économiques». Pour corroborer son optimisme, le directeur de l’Ansej de Constantine met l’accent sur la pépinière de micro-entreprises lancée dernièrement dans la ville des Ponts. «La réalisation d’une pépinière composée de 26 micro-entreprises est l’une des plus importantes créations de l’Ansej. C’est une valeur ajoutée incontestable pour la commune à partir du moment où il s’agit d’une panoplie de richesses et nous nous attelons à accentuer ce concept et à le généraliser». En effet, sise à la rue du 19-Juin 56 (ex-Monoprix), la pépinière abrite 26 microentreprises qui connaissent une affluence remarquable. Elle rassemble plusieurs activités commerciales notamment, l’installation des réseaux électrique et téléphonique, conseil et orientation juridique, étude et suivi des projets, support et affichage publicitaire, ramassage des ordures ménagères, travaux d’électricité, service informatique, prise et tirage de photos.
Perfect-net : un exemple de réussite
L’Eurl Perfect-net est l’entreprise qu’a pu créer M. Messili, ingénieur en génie mécanique de son état, dans le cadre du dispositif Ansej après trois années de combat sans relâche. Pour ce jeune chef d’entreprise, l’idée de la création d’une entité de ramassage des ordures et de nettoyage a germé dans son esprit lorsqu’il assista par hasard à un séminaire regroupant dans le cadre d’un jumelage, des représentants de la municipalité de Grenoble et ceux de l’APC d’El-Khroub. La question du déficit alarmant en matière de ramassage d’ordures dans cette commune y a été alors abordée. Attentif aux exposés des uns et des autres, M. Messili décide d’investir un domaine inexploré jusque-là dans son environnement immédiat. Il se rapproche de l’antenne de l’Ansej pour soumettre son projet et réalise qu’il lui fallait pour cette activité une promesse de convention avec une collectivité locale pour faire aboutir son dossier. Une pièce maîtresse qu’il aura tout le mal du monde à obtenir. Pendant plusieurs mois, ses demandes d’audience, ses correspondances et autres démarches sont restées vaines. A aucun moment, les édiles locaux ne daigneront le recevoir mais c’était compter sans sa ténacité à faire aboutir son projet. Ne lâchant pas prise, il multiplie les correspondances et interpelle les plus hautes autorités du pays dont la présidence de la République et la chefferrie du gouvernement. Les services du chef du gouvernement finiront par donner une suite à ses doléances. Convié sur Alger, il s’en alla exposer son problème et revint déterminé plus que jamais. Le P/APC de Constantine daigne enfin le recevoir et parvint, après trois années d’interminables démarches, à accéder à la promesse qu’il doit tenir. C’était en septembre 2001, «je ne pourrais jamais vous dire combien j’ai peiné pour avoir cette sacrée promesse de convention, il m’est arrivé d’occuper un banc de l’APC pendant treize longues heures dans l’espoir de décrocher une toute petite séance avec le P/APC. Je savais que le chemin serait plein d’embûches et je devais tout supporter. Baisser les bras n’a jamais effleuré mon esprit». Mais le chemin qu’il devait parcourir était encore long. Le crédit bancaire, là où bute la majorité des dossiers parrainés par l’Ansej, était l’étape, non moins parsemée d’embûches, qui l’attendait. Le coût d’investissement du projet de M. Messili qui se résume en fait au prix du camion de ramassage d’ordures s’élève à 3.396.589,00 DA. Il se retrouve dans l’obligation de mettre à part l’étude financière établie par l’Ansej, laquelle trace un tableau d’amortissement étalé sur cinq années successives et effectue une étude à court terme avec des taux d’intérêts impressionnants. De la sorte, il réussit de convaincre les responsables de la banque et de son projet et des attentes financières importantes qu’il dégagera à court terme. Dans moins de quinze jours, le crédit sera débloqué. «C’était le plus rapide crédit dans l’histoire de la banque» nous dira-t-il. Un autre problème surgit, le coût d’investissement est revu à la hausse et est désormais de l’ordre de 5.000.000,00 DA en raison de la taxe douanière imposée à l’importation du camion à benne. Après moult démarches, une instruction salvatrice exonérant les sujets dans son cas, de certaines taxes est promulguée. M. Messili pouvait dès lors concrétiser son projet et c’est ainsi que depuis 2002, l’Eurl Pefect-net a su imposer ses activités dans différentes cités de la ville de Constantine notamment à Boudjenana, la cité du 5-Juillet et la nouvelle ville Massinissa qui fait partie depuis 2004 des lieux que les engins de Perfect-net prospectent et débarrassent d’ordures et des débris. Cette nouvelle entreprise qui a contribué dans l’insertion professionnelle de 30 personnes est en voie de devenir incontournable en matière d’hygiène et dans l’assainissement de tous ces quartiers qui ont eu la chance d’être sélectionnés pour faire partie des secteurs rattachés à Perfect-net. Cette dernière tente de même d’innover en matière de culture hygiénique en impliquant le citoyen dans la préservation de la propreté de son environnement par notamment des campagnes de sensibilisation et des initiatives incitatives à l’intention des enfants de ces quartiers.
Latifa T.



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