|
«Transferts de fonds. Muté en Kabylie, un chauffeur de fourgon
blindé se …»
…suicide
Stop ! Il faut qu’on m’explique : des gens, dont c’est tout à fait le droit
du reste, n’ont pas arrêté de nous expliquer ces dernières années que l’Algérie,
depuis le 16 avril 1999 à l’aube, dès l’apparition du premier rayon de soleil, a
subitement et farouchement retrouvé sa «soumaâ» au plan international, sa
crédibilité et sa place dans le concert des nations. Aujourd’hui, les mêmes gens
s’insurgent du fait que le rapt de deux diplomates algériens en Irak ne soit pas
médiatiquement traité comme il se doit ou soit juste balbutié en entrefilets
dans les journaux, radios et télévisions du monde. Faudrait savoir, les amis !
Soit nous avons recouvré notre aura d’antan et auquel cas, nous n’avons même pas
besoin de rappeler à l’opinion internationale que deux de nos diplomates sont
entre les mains de Zarkaoui. Soit, dans l’échelle des faits d’actualité, nous
n’avons pas su faire, hélas, de telle sorte que cette dramatique prise d’otages
soit en prime time de l’actualité mondiale. Et qu’on ne vienne surtout pas me
dire que l’Algérie préfère travailler dans la discrétion. Lorsque la discrétion
prend les traits d’un mutisme stupéfiant de la cellule de crise, il y a de quoi
se demander si l’on a bien tiré les leçons des précédentes prises d’otages et de
la nécessité de faire campagne active autour de ce double rapt. Bon Dieu ! Je ne
peux m’expliquer que pour un obscur forum sur «les mécanismes endogènes à mettre
en œuvre d’ici 2008 pour harmoniser la coordination entre pays du Nepad», des
avions s’affrètent en deux temps trois mouvements, que pour recevoir le «sous-sous-sous-en-dessous
secrétaire adjoint américain chargé de la réforme des autoroutes et bretelles de
voies express», on mobilise tout Alger, on bloque tous les carrefours de la
capitale et on en ponde une news de 12 minutes au 20 heures de l’Unique, alors
que, pour le sort de deux des nôtres, l’on ne soit même pas capable de placarder
leurs deux portraits géants sur le fronton de l’Assemblée ou du Sénat ou plus
simplement que l’on autorise des gens à manifester en faveur de la libération
des deux diplomates sans invoquer les restrictions au droit de se regrouper à
plus de trois personnes dans la capitale. Il y a comme ça des énigmes, des
inexpliqués, des blancs… M’enfin ! Restons, bien sûr, sur l’essentiel
aujourd’hui : aura internationale ou pas, «soumaâ» retrouvée ou pas, accrochons-
nous à l’espoir de revoir parmi nous nos deux diplomates. Et fumons du thé pour
rester éveillés, le cauchemar continue.
H. L.
|