Dimanche 31 Juillet 2005
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DISPARUS A L’INSU DE LEUR PLEIN GRÉ !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Belhadj risque 10 ans de prison.»

Que serait la vie sans risques ?

C’est encore un miracle que seul le dossier de pourvoi de Benchicou ait été perdu pour l’instant. Je me tiens le ventre, de peur de lire dans les prochaines heures une dernière minute intitulée «Après celle de son dossier, nous apprenons la disparition mystérieuse de Mohamed Benchicou». Comme çà, un matin de brume polluée au-dessus du pénitencier d’El- Harrach, à l’heure du laitier qui ne passe d’ailleurs plus depuis trente ans au moins, à l’heure des poubelles que vide tant bien que mal Net Com et à l’heure des dernières livraisons, en camions 2 tonnes 5, que permet le nouveau plan de circulation, des mâtons, les yeux encore embués de sommeil, le trousseau de clés cliquetant au rythme de leurs pas lourds dans des couloirs empreints des odeurs d’une mâle nuit, découvriraient «stupéfaits» (si ! si ! Je tiens à ce mot, il est à la mode en ce moment) la cellule de Benchicou … vide. Bon dieu de bonsoir ! La sirène d’alarme serait immédiatement actionnée. Les portiques de sécurité enclenchés. Et les pages de vieux journaux tournoyant pacifiquement dans la cour de la prison arrêtées et interrogées sur-le-champ. Les premiers éléments de l’enquête jetteraient encore plus le trouble dans les esprits. Aucune trace d’effraction sur la serrure de la cellule. Pas de barreaux sciés. Pas de draps noués en corde et pendant par la fenêtre du détenu. Pas même un mot du journaliste posé sur un coin de table et qui soulagerait tout le monde en expliquant qu’il a juste eu envie de fuguer un soir pour aller prendre un verre de limonade glacée chez ses potes du Soir et rentrer le lendemain avant l’appel. Rien ! Benchicou aurait tout simplement disparu. A ce niveau-là de mon histoire, je vois dans vos yeux tous les signes de l’affliction empreinte de pitié pour le pauvre fou que je suis. Vous vous dites «là ça y est ! Il a déraillé. Il a pété les plombs et tout le disjoncteur avec. Il faut absolument l’interner» Peut-être. N’empêche qu’on vous a bien raconté que Abane Ramdane n’a jamais été assassiné, mais s’est accidentellement étranglé en nouant sa cravate et vous les avez cru. N’empêche qu’on vous a bien raconté que les forces de l’impérialisme, jalouses de nos trois formidables révolutions, avaient parachuté des armes sur Cap-Sigli et vous les avez cru. N’empêche qu’on vous a bien raconté que des ministres pouvaient être victimes de deux accidents d’avion successifs et vous les avez cru. N’empêche qu’on vous a bien raconté que Boudiaf avait été victime d’un acte vachement isolé et vous les avez cru. Alors, aujourd’hui, on peut bien vous raconter aussi que le dossier en pourvoi de Benchicou a été égaré, que Mohamed lui-même a été égaré, et vous les croirez. Ou du moins, le régime de bananes qui nous gouverne pensera que vous croyez réellement à ses explications. Ah ! S’ils savaient que vous avez arrêté depuis longtemps de les croire…Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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