Actualités : Le sable de l'Atlas saharien au secours du littoral

Partant d’un constat des plus critiques du littoral algérien, Yacine Hemdane, chercheur au laboratoire Géomorphologie dynamique et aménagement des littoraux en France, a élaboré une thèse pour y trouver une solution. Des conclusions des plus encourageantes ont été déduites. Cependant, toutes les démarches entreprises auprès des autorités concernées, pour diffuser sa solution, sont restées sans écho.
Meriem Ouyahia - Alger (Le Soir) - «En Algérie, l'état des lieux est angoissant. Le manque de sable sur notre littoral sableux a fragilisé ses côtes, accentuant les risques potentiels face aux aléas météorologiques et marins. Ce sable est soit soumis à des extractions abusives, soit perturbé par les constructions anarchiques, les enrochements et le bétonnage.» C’est cette situation dramatique qui a poussé Yacine Hemdane à entreprendre des recherches dès 1999. «Le risque des inondations littorales est omniprésent. On peut assister à des débordements instantanés et des destructions par les vagues des ouvrages de protection (digues) et des bâtiments proches du front de mer», précise ce chercheur. Et d’ajouter : «Même un littoral non agressé peut facilement faire face à ces phénomènes météorologiques rares surtout quand la côte est assez chargée en sable. Cela va lui permettre de bien s'auto-défendre contre les inondations littorales et l'attaque de la mer.» A titre d’exemple, pour faire face aux risques des submersions marines, les pays développés avaient favorisé l'endiguement, l'enrochement et le bétonnage des littoraux en danger. Sauf que ces solutions lourdes sont «contestées par plusieurs scientifiques à cause de leurs répercussions néfastes sur l'environnement à long terme». Pour contourner ce procédé, «plusieurs études scientifiques ont démontré que le sable demeure l'agent le mieux adapté (irremplaçable) afin de se protéger des inondations littorales. Le concept paraît bon mais la question qui se pose est : est-ce l'Atlas saharien dispose d'un sable dont la texture est proche de celle du littoral ?» souligne Yacine Hemdane. La région de l'Atlas saharien a été choisie, d'une part, à cause de l'inquiétante avancée du sable que connaît la région, d'autre part, parce que c'est l'endroit le plus proche du littoral. Après une campagne de recherches et d'exploration dans la zone de l'Atlas saharien, «les premiers résultats au laboratoire sont encourageants car il a été remarqué que le sable de plusieurs dunes de l'Atlas saharien a une texture plus grossière par rapport à celle du sable des côtes inondables de Béjaïa», note le chercheur. «Il s'agit d'alimenter artificiellement les littoraux meubles en danger avec des petites quantités pour leur octroyer une certaine rugosité. Cette dernière va redonner au littoral le pouvoir de s'alimenter naturellement par des sédiments remontés des petits fonds et piégés par la nouvelle rugosité attribuée au littoral artificiellement rechargé par le sable de l'Atlas saharien». explique dans sa thèse ce chercheur. «Le rechargement réfléchi associé à une bonne compréhension de la dynamique marine peut réduire les risques potentiels et contribuerait à la bonne gestion durable de cette ressource économiquement importante qui est la zone côtière», enchaînera-t-il. L'objectif de cette recherche est ainsi double : lutter contre l'avancée du désert tout en faisant face aux inondations marines. Toute la thèse du chercheur Yacine Hemdane est accessible par le lien : www.cder.dz/bulletin/ bull6/Page%2019.html
M. O.

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