Mardi 23 Aout 2005
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Panorama
Edition du jour
 
Culture
Monde
Economie
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

Régions : TIGZIRT/EXTENSION DE L'HÔPITAL BLOQUÉE
Le tort ne sera-t-il jamais réparé ?


Le vieil et petit hôpital de la station balnéaire de Tigzirt-sur-mer hérité de l’époque coloniale, évoqué maintes fois pour bénéficier de l’extension de ses services, mais chaque fois l’échéance est repoussée, curieusement dans le temps.
Des années passent sans que le nouveau service tant attendu, en l’occurrence le bloc opératoire, voit le jour. La vieille infrastructure sanitaire demeure quarante-trois ans après l’indépendance dans les limites que lui avait conférées l’administration coloniale. Pis encore, il est le seul hôpital de la même capacité, dans toute la wilaya de Tizi-Ouzou à ne pas connaître une extension. Pourtant, au début des années 1990, la réalisation du bloc opératoire semblait toute proche avant de la voir repousser encore une fois aux calendes grecques. Un terrain d’assiette attenant à l’hôpital de 1000 mètres carrés environ fut dégagé et confié à un entrepreneur qui avait réalisé les travaux de terrassement et la construction du mur de soutènement de la partie destinée à accueillir la bâtisse. Et depuis plus rien. La parcelle de terre en question si elle n’est pas construite risque de faire un jour les frais de convoitises foncières dont elle fait objet. Ce qui privera certainement et définitivement toute la population de l’espoir de nouveaux services. Le blocage de l’extension de l’hôpital agit négativement sur la santé de la population autochtone, voire sur sa vie même. Les nouvelles infrastructures d’urgence se font cruellement sentir chaque jour que Dieu fait. D’ailleurs, on a enregistré quotidiennement des évacuations au CHU de la ville des Genêts. Et dans certains cas, ces évacuations sur le trajet de 40 km dans des ambulances pauvrement équipées s’avèrent inutiles, car des malades ou des blessés succombent. Pour appuyer nos dires, deux exemples s’imposent d’eux-mêmes. Il s’agit de deux victimes d’agression à l’arme blanche et qui ont perdu la vie dans des circonstances banales et maîtrisables dans notre temps, mais qui ont le malheur de tomber devant l’hôpital de Tigzirt qui ne compte aucun spécialiste dans ses effectifs ni aucune banque de sang pour les sauver. La première victime se nomme T. Mohamed du village Taourirt-Zwaw dans la commune des Iftissen, touché à l’abdomen par un coup de couteau lors d’une rixe devant la porte de la polyclinique, a succombé à l’hémorragie après son admission. C’était en juin 2001. La deuxième est H. Lounès, poignardé par un noctambule à quelques mètres de l’hôpital, ayant perdu beaucoup de sang, il n’a pu être sauvé après son transfert en France. C’était en juillet 2002. Le vieil hôpital de Tigzirtsur- mer dont la capacité d’accueil est de 55 lits tous services confondus (maternité et services des hospitalisations adultes des deux sexes) souffre de beaucoup d’autres insuffisances telles que les fonctions de la pédiatrie et de gynécologie. Le service des urgences installé à la polyclinique effectue des évacuations sur l’hôpital de Tizi- Ouzou pour cause de crise d’appendice, de vésicule biliaire ou encore pour une opération césarienne d’une mère en difficulté. A en croire une source digne de foi, la construction du bloc opératoire de Tigzirt a été mystérieusement bloquée par des mains malveillantes opérant au sein des appareils de l’Etat. Le budget de l’infrastructure a été dévié de sa destination initiale pour achever un autre projet souffrant d’une rallonge budgétaire. Depuis, des ministres se succèdent à la tête du ministère de tutelle sans que le tort soit réparé. Garde-t-on en haut lieu une dent acérée contre cette région qui a payé un lourd tribut durant la guerre de Libération ? Tout porte à le croire. D’ailleurs, même l’actuel ministre dans sa visite marathon dans la wilaya de Tizi- Ouzou jeudi dernier, durant laquelle il a inspecté de nouveaux services pour de nombreux hôpitaux, n’a pas oublié d’éviter le vieil hôpital de Tigzirt. Avec le temps, l’hôpital en question n’assure plus que les consultations générales, les soins dentaires et les soins paramédicaux. Le service le plus actif demeure celui des urgences avec son lot d’évacuations quotidiennes. Car, il arrive qu’on effectue plusieurs rotations par jour. La daïra de Tigzirt dont la population est estimée à 50.000 âmes ne possède qu’un hôpital de 55 lits ce qui représente près d’un lit pour un millier de personnes. Enfin, il est à signaler que dans l’élaboration du POS, l’APC a réservé une parcelle de terrain de 7200 mètres carrés pour la construction d’un hôpital de 120 lits, mais qui n’a, à ce jour, fait objet d’aucune étude préalable.
Mohamed Ghernaout

Nombre de lectures : 356

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site