Dans l'ambiance de fin d'ère pétrolière qui règne actuellement, le fait de trouver de nouveaux champs a des résonances particulières. La semaine dernière, la Norvège, grande puissance énergétique européenne, a annoncé deux découvertes, l'une de pétrole, l'autre de gaz, qui a fait la une de la presse du royaume. Statoil, la compagnie publique norvégienne, a d'abord annoncé la découverte de pétrole en mer du Nord au sud du champ de Vigdi, à 4 572 mètres de profondeur. Signe des temps marqués par un pétrole cher, Statoil a décidé de mettre le champ en production tout en admettant ne pas connaître sa taille. Le risque sera toutefois limité puisque le nouveau gisement s'appuiera sur les infrastructures voisines de Vigdi. Exploration. Mais c'est surtout l'annonce de Norsk Hydro, autre compagnie norvégienne, qui a retenu l'attention, lorsqu'en fin de semaine elle a révélé la découverte d'un gisement majeur de gaz naturel dans la zone septentrionale de la mer du Nord, estimé à 30 milliards de mètres cubes de gaz. «C'est l'une des découvertes les plus intéressantes de ces dernières années», a déclaré Christian Alsvik, directeur du développement. Le forage a été effectué à 384 mètres sous l'eau, puis encore à 700 mètres sous le fond de la mer, le plus profond jamais effectué sur le socle norvégien grâce à de nouvelles méthodes. «Cela signifie que nous devons maintenir un haut tempo d'exploration à l'avenir», a commenté la ministre norvégienne de l'Energie, Thorhild Widvey, dans le quotidien Aftenposten. Au total, 90 milliards de couronnes norvégiennes (11,26 milliards d'euros) d'investissements devraient être engagés en 2005 sur le socle norvégien, un nouveau record tandis que la balance commerciale du pays affiche un excédent enviable, avec des exportations de pétrole qui ont atteint 27,7 milliards de couronnes (3,47 milliards d'euros) en juillet, en augmentation de 12,6 % par rapport à juillet 2004. Désillusion. Ces découvertes ne sont toutefois pas de nature à enrayer un déclin qui va s'accélérant. Selon une récente analyse de BP, au rythme de production actuel (de l'ordre de 3,2 millions de barils par jour), les puits norvégiens seront vides en 2013. Même désillusion du côté du gaz, dont on assurait qu'il y en avait pour encore un siècle. La compagnie publique Gassco, responsable du transport du gaz vers l'Europe, a récemment prévenu que cette échéance pourrait survenir trois fois plus tôt que prévu.
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