Il s’appelle Jean Beliveau et il est de nationalité canadienne. Il vient de fêter ses 50 ans, bouclés à Tizi- Ouzou, ce 18 août 2005 où il a fait escale et 5 ans se sont écoulés depuis le début de son aventure qu’il entama depuis Montréal. Cette halte dans la ville des Genêts constitue la fin de l’une de ses innombrables étapes sur son chemin, lui, qui s’est juré de faire le tour du monde à pied pour “attirer l’attention des gouvernants, des organismes ou tout simplement des hommes sur les misères que subissent les enfants dans les quatre coins du monde à cause de l’irresponsabilité et de l’insouciance des adultes”, nous apprend-il. A Tizi- Ouzou, lors de son passage, il a élu domicile à l’auberge de jeunes Ammar-Boulila. C’est là que nous l’avons rencontré et engagé une discussion avec lui où il nous a raconté comment ce projet a germé, depuis la naissance de l’idée jusqu’à sa mise en pratique, en passant par son incubation et sa gestation et sa magnifique aventure à travers les nombreux pays qu’il a traversés lors de sa longue pérégrination. Tout au début et à l’origine de ce qui a incité notre bonhomme c’était une crise existentielle. Il nous avoue que subitement il a été pris de l’envie de voir la vie autrement et de la vivre d’une autre manière. “Ce qui n’était qu’une impulsion en moi s’accentua de jour en jour et une bataille acharnée s’engagea au plus profond de moi-même entre cette folle envie qui me tenaillait et ma raison qui me dictait le contraire”, nous avoue-t-il. Mais finalement, c’est la “folie” qui a pris le dessus et il prit la décision irrévocable de troquer sa vie d’avant et son métier de commerçant pour réaliser son projet. Sa famille, formée de sa femme, d’un fils et d’une fille, et ses proches qu’il n’a mis au parfum que 21 jours avant son départ s’opposèrent à leur tour farouchement à ce qu’ils considèrent comme un projet débile et insensé et le prièrent de renoncer à cette “odyssée”. Mais, ils finirent par se ranger de son côté en sentant sa fermeté et l’irrévocabilité de sa décision. “Mes enfants choqués auparavant devinrent alors fiers en me comparant au célèbre acteur du film Forest Gump, Tom Hanks et ma femme s’est mise à me prodiguer des conseils. D’ailleurs, c’est elle qui me proposa de faire ce geste pour les enfants du monde, ce qui a donné une âme à ma marche”. C’est ainsi, le dernier dîner pris ensemble, avec sa famille et ses enfants, exactement le jour de son 45e anniversaire, le 18 août 2000 que Jean entama son bonhomme de chemin, bien que la séparation se soit faite dans la douleur, avoue-t-il. Les premières étapes de 32 000 km l’emmenèrent à travers 26 pays, du Canada au Brésil puis en Afrique du Nord, en passant par l’Afrique du Sud et l’Egypte, pour rentrer en ALgérie par le poste frontalier algéro-tunisien d’Oum-Tboul où il compte passer deux mois et demi. De note pays, il pense beaucoup de bien à commencer par la situation des enfants où il constate une vigilance, même si elle est relative, de la part des autorités pour leur prise en charge et il espère rencontrer un des organismes qui s’occupe de ce problème. Il nous apprend également qu’il est émerveillé par sa beauté et l’hospitalité de ses habitants où il a eu à visiter beaucoup de maisons et camps de jeunes. D’ailleurs, c’est sur invitation de quelques jeunes qu’il a fêté son cinquantième anniversaire au village d’Aït-Ahssane d’Ihassnawens au milieu d’une cérémonie préparée à son honneur par les associations éco-action et “Issegman” et le comité du village. Il souhaiterait passer par la coquette Annaba puis le Maroc pour gagner ensuite le continent européen via le détroit de Gibraltar. L’Asie et l’Australie seront ses dernières étapes avant sa rentrée au Canada et Montréal, également le jour de son anniversaire, et il aura parcouru en tout 80 000 km, traversé 80 pays en 12 ans. Le long de son intinéraire, Jean a toujours gardé contact avec sa famille et il a été agréablement surpris d’apprendre qu’il est devenu grand-père, puisque sa fille a donné naissance à une adorable petite fille qu’il espère rencontrer en Europe bientôt. Il a eu à découvrir d’innombrables villes et populations de cultures différentes où il a passé des séjours agréables et qui l’ont beaucoup aidé au financement de sa “campagne”, pour ses besoins immédiats, pour les enfants. Des personnalités diverses sont également venues à sa rencontre. Il nous exhiba son album photos où on a pu reconnaître trois prix Nobel de la paix, Oscar Arias Sanchez du Costa Rica, Adolfo Perez Esquivel d’Argentine et enfin Nelson Mandela d’Afrique du Sud. Le “chevalier de la paix” comme le surnomment ses amis de Tizi- Ouzou, espère que le geste qu’il vient de faire ne soit pas vain et qu’il puisse sensibiliser tous les gouvernements et autres organismes et associations en faveur des “enfants, surtout contre les conséquences désastreuses de la mondialisation. “Je rêve d’un monde pacifique, sans glaive”, nous a-t-il dit. A. A.
Nombre de lectures : 1617
|