Samedi 10 Septembre 2005
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Culture : LIBRAIRIE POINT VIRGULE
RENCONTRE AVEC LA ROMANCIÈRE LEILA SEBBAR
"Je suis un produit contaminé..."


Sobre, digne et sans artifices, c’est ainsi que Leïla est apparue au public très nombreux, venu à sa rencontre mercredi dernier à la librairie Point Virgule (Chéraga). Un public qui ne cessait d’affluer pour admirer celle qui pourtant ne parle pas la langue de son père. Leïla Sebbar a signé un retour remarquable et fascinant à la fois.

Cette rencontre a donné lieu notamment à des retrouvailles particulièrement émouvantes avec des proches et des amis d’enfance munis de photos et de souvenirs. Cette femme, cette militante au cœur d’une histoire qui se répète encore, d’abord les français en Algérie pendant plus d’un siècle et aujourd’hui les Algériens en France pour la vie ! Une passion et une histoire d’amour, de sentiments confus et une nostalgie certaine, même si elle le réfute. Leila est revenue avec Mes Algéries en France. Un récit de vies agrémenté de photos exceptionnelles, de fiction, de portraits, d’illustrations, de cartes postales… Leïla Sebbar revient au cœur de son histoire. Avec Mes Algéries de France, Leïla Sebbar se livre et se révèle au monde. A l’histoire, elle offre cet ouvrage comme une confession, un aveu, une stricte autobiographie, un regain de mémoire collective, un journal de vies … une réponse peut être aussi à des questions restées trop longtemps en suspens dans l’inconscient d’une femme en quête permanente de ses racines. Avec Mes Algéries en France, Leïla Sebbar nous fait voyager dans les profondeurs de ses rêves de petite sensible, au centre de son combat de femme, heureuse, malheureuse ; elle écrit dans la langue de sa mère l’histoire de son père. “Je suis un produit contamin” Le fruit d’une histoire romantique et d’une union sacrée. Celle de ses parents en premier ! Instituteurs tous les deux, sa mère est française, son père, un indigène lettré, Leila Sebbar est née pendant la Seconde Guerre mondiale à Aflou (El Bayadh) près des frontières marocaines. 1963. Leïla Sebbar a dix-huit ans lorsqu’elle quitte l’Algérie pour Aix-en-Provence puis Paris, où elle vit encore aujourd’hui. Après des études supérieures en lettres, Leïla Sebbar orientera essentiellement ses recherche sur les représentations du “bon nègre” dans la littérature coloniale du XVIIIe siècle et sur l'éducation des filles au XIXe siècle (publications dans Les Temps modernes, 1973, 1976). Elle collabore à des revues littéraires et à France-Culture. Leïla Sebbar a publié des essais, des nouvelles, des romans. Elle a participé à des recueils de nouvelles et à des albums de photographies.
Sam H.

BIBLIOGRAPHIE

Leïla Sebbar est l'auteur de nombreux romans et nouvelles dont Le Chinois vert d'Afrique (1984), Shérazade : 17 ans, brune et frisée(1984), Les Carnets de Shérazade (1985), Le Fou de Shéhérazade (1991), La Négresse à l'enfant (1990), Le Silence des rives (Prix Kateb Yacine, 1995); La Jeune fille au balcon(1996) ; Le Baiser(1997), Lettres parisiennes, autopsie de l'exil avec Nancy Huston (B. Barrault, 1993), Soldats (Le Seuil, 1999) ; La Seine était rouge(Thierry Magnier, 1999). Leïla Sebbar a dirigé des recueils de récits d'enfance d'écrivains : Une enfance d'ailleurs, avec Nancy Huston (Belfond, 1993); Une enfance algérienne(Gallimard, 1997), Une enfance outremer(Le Seuil, 2001).

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