Sobre, digne et sans artifices, c’est
ainsi que Leïla est apparue au public très nombreux, venu à sa rencontre
mercredi dernier à la librairie Point Virgule (Chéraga). Un public qui ne
cessait d’affluer pour admirer celle qui pourtant ne parle pas la langue de
son père. Leïla Sebbar a signé un retour remarquable et fascinant à la fois.
Cette rencontre a donné lieu notamment à des retrouvailles particulièrement
émouvantes avec des proches et des amis d’enfance munis de photos et de
souvenirs. Cette femme, cette militante au cœur d’une histoire qui se répète
encore, d’abord les français en Algérie pendant plus d’un siècle et
aujourd’hui les Algériens en France pour la vie ! Une passion et une
histoire d’amour, de sentiments confus et une nostalgie certaine, même si
elle le réfute. Leila est revenue avec Mes Algéries en France. Un récit de
vies agrémenté de photos exceptionnelles, de fiction, de portraits,
d’illustrations, de cartes postales… Leïla Sebbar revient au cœur de son
histoire. Avec Mes Algéries de France, Leïla Sebbar se livre et se révèle au
monde. A l’histoire, elle offre cet ouvrage comme une confession, un aveu,
une stricte autobiographie, un regain de mémoire collective, un journal de
vies … une réponse peut être aussi à des questions restées trop longtemps en
suspens dans l’inconscient d’une femme en quête permanente de ses racines.
Avec Mes Algéries en France, Leïla Sebbar nous fait voyager dans les
profondeurs de ses rêves de petite sensible, au centre de son combat de
femme, heureuse, malheureuse ; elle écrit dans la langue de sa mère
l’histoire de son père. “Je suis un produit contamin” Le fruit d’une
histoire romantique et d’une union sacrée. Celle de ses parents en premier !
Instituteurs tous les deux, sa mère est française, son père, un indigène
lettré, Leila Sebbar est née pendant la Seconde Guerre mondiale à Aflou (El
Bayadh) près des frontières marocaines. 1963. Leïla Sebbar a dix-huit ans
lorsqu’elle quitte l’Algérie pour Aix-en-Provence puis Paris, où elle vit
encore aujourd’hui. Après des études supérieures en lettres, Leïla Sebbar
orientera essentiellement ses recherche sur les représentations du “bon
nègre” dans la littérature coloniale du XVIIIe siècle et sur l'éducation des
filles au XIXe siècle (publications dans Les Temps modernes, 1973, 1976).
Elle collabore à des revues littéraires et à France-Culture. Leïla Sebbar a
publié des essais, des nouvelles, des romans. Elle a participé à des
recueils de nouvelles et à des albums de photographies.
Sam H.
BIBLIOGRAPHIE
Leïla Sebbar est l'auteur de nombreux romans et nouvelles dont Le Chinois
vert d'Afrique (1984), Shérazade : 17 ans, brune et frisée(1984), Les
Carnets de Shérazade (1985), Le Fou de Shéhérazade (1991), La Négresse à
l'enfant (1990), Le Silence des rives (Prix Kateb Yacine, 1995); La Jeune
fille au balcon(1996) ; Le Baiser(1997), Lettres parisiennes, autopsie de
l'exil avec Nancy Huston (B. Barrault, 1993), Soldats (Le Seuil, 1999) ; La
Seine était rouge(Thierry Magnier, 1999). Leïla Sebbar a dirigé des recueils
de récits d'enfance d'écrivains : Une enfance d'ailleurs, avec Nancy Huston
(Belfond, 1993); Une enfance algérienne(Gallimard, 1997), Une enfance
outremer(Le Seuil, 2001).