La grande confrérie soufie des Gnaouas à la tête de laquelle règne actuellement cheïkh Sidi Abdelhadi Benouali vient de célébrer avec faste sa traditionnelle waâda à l’occasion cette fois-ci de l’investiture du nouveau mekadem Embarek Benbrahim qui succède ainsi au défunt cheïkh Abdelkader Saka dit Ould El Barka, décédé à l’âge de 85 ans. Deux jours durant, le théâtre de Verdure sur les hauteurs du pittoresque faubourg de Tigditt, en contrebas d’El Arsa et pas loin du mythique coin de Kadous El Meddah, aura été au rendez-vous avec de sacrés moments où l’art gnaoui cher à Sidi Blel devait, ces nuits-là, séduire plus d’un. Jeudi à la mi-journée, les invités de la waâda et l’ensemble de la population mostaganémoise étaient alors conviés au traditionnel couscous dans l’ambiance incomparable des grands moments du “taïm” bien de chez nous (dérivé de taâm). C’est une fois la nuit tombée que la fête battra son plein à la faveur du rythme soutenu par une maîtrise remarquable du goumbri, tam-tam, castagnettes et tambour, le tout agrémenté vers de poésie populaire déclarés à la gloire du Tout-Puissant, de son Prophète Mohamed mais aussi des compagnons de celui-ci et des oulya salihine. Ils étaient pour la circonstance, venus de plusieurs régions du pays afin de partager la joie et l’heureux événement dans la liesse et l’allégresse dont seuls sans doute les Gnaouas ont le secret. “Malgré l’importance de cette rencontre, nous dira Ziane Mansour, président de l’association organisatrice, nous n’avons eu que 20.000 DA octroyés par l’APC”. “Ce qui est évidemment dérisoire”, rappelle-t-il. Nos amis du vieux quartier de Kadous-El-Meddah envisage l’organisation de leur festival qui a une dimension nationale avec à la clé le sacrifice du taureau, danses et musiques proposées par des dizaines de troupes issues de divers horizons. Cette grandiose manifestation pourrait avoir lieu vers la fin de ce mois mais à la seule condition que les autorités compétentes apportent leur soutien financier et matériel. Il est clair que les Gnaouas tout comme les Aïssaouas de Mostaganem se voient ainsi privés de leur célèbre rendez-vous annuel qui jadis attirait des milliers d’adeptes et autres férus de ce genre de rîte pour la simple raison qu’on a jugé utile un beau jour de reléguer au second plan, un pan prestigieux de notre patrimoine. Sid-Ahmed Hadjar
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