Jeudi 22 Septembre 2005
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EL HARBA !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Belkhadem a été vu ces dernières heures à Londres. Pourtant,
depuis les attentats du 7 juillet, la police britannique avait promis
de se montrer plus …”

…vigilante

J’ai lu hier que Madani Mezrag a donné, mardi dernier à partir de Jijel, le coup d’envoi d’un marathon de la paix et de la réconciliation. J’ai tenté de me renseigner auprès de témoins oculaires et de spécialistes de la course à pied, et ce que je soupçonnais déjà un peu m’a été confirmé. Dès que Madani Mezrag a appuyé sur la gâchette du pistolet de starter, les athlètes ont déguerpi à toute vitesse. D’autres concurrents, moins costauds, moins préparés à voter “OUI” le 29 septembre et plus en phase avec leur mémoire, ont tourné de l’œil ou ont carrément été victimes de crises cardiaques en reconnaissant celui qui venait de tirer le coup de feu. Pourtant, les mêmes témoins interrogés sont formels, Mezrag a bien pris soin de pointer haut son pistolet et de ne pas viser le peloton. Ce qui constitue en soi une avancée phénoménale par rapport à “avant”. Je mets le mot “avant” entre guillemets parce qu’il n’est pas de moi. C’est le terme qui fait fureur en ce moment ! Il suffit qu’un haut responsable, un ministre ou le président monte à une tribune pour nous expliquer la charte, et le voilà nous rappelant “qu’avant 1999, nous vivions tous comme des rats pressés de rentrer chez nous avant le coucher du soleil, nous rasions les murs de peur d’être reconnus par les tangos de notre quartier et nous faisions copieusement dans nos frocs dès qu’on sonnait à nos portes après 22 heures”. Ceci pour la mise en contexte du mot “avant”. Reste Madani Mezrag et les perspectives de développement de notre athlétisme. Que peut-il bien se passer dans la tête d’un coureur qui participe à un marathon parrainé par Madani Mezrag, et qui doit couvrir un peu plus de 42 kilomètres sous la menace réelle ou supposée de l’ancien chef d’une armée terroriste ? Le souffle qu’il croit sentir dans sa nuque est-il celui d’un concurrent ou de Mezrag qui le poursuit ? Aura-t-il assez de courage pour se retourner, regarder par-dessus son épaule et se rassurer qu’il n’est pas dans le viseur du tueur en série ? Et puis, la question qui pourrait tuer : le starter remis à Madani Mezrag n’était-il chargé que de balles à blanc ? Des questions qui pourraient trouver réponse bientôt. Lors d’un autre marathon prévu lui à Collo et dont on dit déjà que c’est un autre grand spécialiste de l’athlétisme à gâchette qui devrait donner le départ, Rabah Kébir. Remarquez au passage le glissement pervers et dangereux qui s’opère en ce moment. On désarme à tour de bras les Patriotes et les GLD pour réarmer les tangos. El Harba ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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