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“Belkhadem a été vu ces dernières heures à Londres. Pourtant,
depuis les attentats du 7 juillet, la police britannique avait promis
de se montrer plus …”
…vigilante
J’ai lu hier que Madani Mezrag a donné, mardi dernier à partir de Jijel, le
coup d’envoi d’un marathon de la paix et de la réconciliation. J’ai tenté de me
renseigner auprès de témoins oculaires et de spécialistes de la course à pied,
et ce que je soupçonnais déjà un peu m’a été confirmé. Dès que Madani Mezrag a
appuyé sur la gâchette du pistolet de starter, les athlètes ont déguerpi à toute
vitesse. D’autres concurrents, moins costauds, moins préparés à voter “OUI” le
29 septembre et plus en phase avec leur mémoire, ont tourné de l’œil ou ont
carrément été victimes de crises cardiaques en reconnaissant celui qui venait de
tirer le coup de feu. Pourtant, les mêmes témoins interrogés sont formels,
Mezrag a bien pris soin de pointer haut son pistolet et de ne pas viser le
peloton. Ce qui constitue en soi une avancée phénoménale par rapport à “avant”.
Je mets le mot “avant” entre guillemets parce qu’il n’est pas de moi. C’est le
terme qui fait fureur en ce moment ! Il suffit qu’un haut responsable, un
ministre ou le président monte à une tribune pour nous expliquer la charte, et
le voilà nous rappelant “qu’avant 1999, nous vivions tous comme des rats pressés
de rentrer chez nous avant le coucher du soleil, nous rasions les murs de peur
d’être reconnus par les tangos de notre quartier et nous faisions copieusement
dans nos frocs dès qu’on sonnait à nos portes après 22 heures”. Ceci pour la
mise en contexte du mot “avant”. Reste Madani Mezrag et les perspectives de
développement de notre athlétisme. Que peut-il bien se passer dans la tête d’un
coureur qui participe à un marathon parrainé par Madani Mezrag, et qui doit
couvrir un peu plus de 42 kilomètres sous la menace réelle ou supposée de
l’ancien chef d’une armée terroriste ? Le souffle qu’il croit sentir dans sa
nuque est-il celui d’un concurrent ou de Mezrag qui le poursuit ? Aura-t-il
assez de courage pour se retourner, regarder par-dessus son épaule et se
rassurer qu’il n’est pas dans le viseur du tueur en série ? Et puis, la question
qui pourrait tuer : le starter remis à Madani Mezrag n’était-il chargé que de
balles à blanc ? Des questions qui pourraient trouver réponse bientôt. Lors d’un
autre marathon prévu lui à Collo et dont on dit déjà que c’est un autre grand
spécialiste de l’athlétisme à gâchette qui devrait donner le départ, Rabah
Kébir.
Remarquez au passage le glissement pervers et dangereux qui s’opère en ce
moment. On désarme à tour de bras les Patriotes et les GLD pour réarmer les
tangos. El Harba ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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