
Régions Est : PAIX ET RÉCONCILIATION NATIONALE Ould Abbès à Skikda
Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès, a effectué une visite à Skikda, dans le cadre de la campagne en faveur de la réconciliation nationale, au cours de laquelle il a distribuée 8000 lots d’affaires scolaires au profit des enfants nécessiteux ainsi que 12 bus pour le transport scolaire. La salle Aïssat-Idir, où il animera un meeting, affichait complet par la forte présence des travailleurs. L’UGTA, a mobilisé pour ses “troupes” pour la circonstance. Le ministre de la Solidarité s’est vu ravir la vedette par Mohamed Lakhdar Badreddine, le secrétaire général de la Fédération nationale des pétroliers. L’assistance s’attendait à un discours ministériel, et c’est à un discours syndicalo-économiste qu’elle a eu droit. D’emblée, le secrétaire général annonça la couleur : “Je suis un antiterroriste. Je n’ai aucun sentiment pour les terroristes”, et dans une “rare” analyse politico-économique, il imputera tous les maux du pays au terrorisme. “Le terrorisme a causé la ruine du pays, les dégâts qu’il a engendrés sur le plan économique sont énormes.” Il indiquera aussi dans ce contexte que “beaucoup d’entreprises à Tébessa, Khenchela, El Bayadh… ne sont pas opérationnelles, et c’est l’insécurité qui en est la cause. De même que les investisseurs étrangers n’ont pu mettre les pieds en Algérie et lancer leurs affaires pour des raisons sécuritaires.” Il profitera de cette occasion pour parler également du pacte économique et social, qui sera soumis à débat à l’APN au cours de la session d’automne. Il prônera en ce sens, “la mise à niveau de toutes les entreprises publiques et privées”. Le nouveau statut de la Fonction publique, les 55 milliards de dollars et les espérances qu’ils pourront générées, mettre un terme à la “ hogra”… sont les autres sujets qu’il a abordés. Le combat des Algériens et des Algériennes, particulièrement des syndicalistes et des pétroliers, a fait l’essentiel de son discours axé sur la lutte antiterroriste et le sacrifice consenti afin que soit instauré un Etat républicain. “Le monde syndical a perdu à cause de la barbarie terroriste, Benhamouda, Belaïd… soit près de 48 syndicalistes et beaucoup de travailleurs dans le secteur de la pétrochimie”. Il fera étalage du courage de beaucoup d’entre eux. “Des employés à Hassi R’mel, bien qu’ils aient vu leurs confrères se faire égorger devant eux ont continué à se rendre à leur usine pour ne pas entraver le processus de développement économique”. Dans un autre contexte, le conférencier affirmera “l’économie du pays est à plat”. Dans une tentative d’explication du projet présidentiel, il soulignera que le projet en question “n’est pas un traité entre le terrorisme et la République algérienne, mais c’est cette dernière qui est dominante, car le terrorisme est vaincu”. Un peu perturbé par un microphone défaillant, le syndicaliste dira ironiquement. “Nous sommes comme des artistes, la moindre défaillance nous perturbe.” Une année après le 8 avril 2004, “l’artiste” Mohammed Lakhdar Badreddine, l’un des signataires de l’appel du Forum démocratique des forces patriotiques, lancé à l’intention de réunir “un million de signatures pour arrêter la dictature de Bouteflika”, fait campagne pour ce dernier en 42 minutes, soit plus de 29 minutes que Ould Abbès, avec une accusation contre la presse. “Parfois je trouve dans les journaux des déclarations que je n’ai pas faites. Et on nous demande de faire des démentis qui ne seront pas publiés”, déclara-t-il. Le peu de temps qui reste au ministre de l’Emploi fut réservé à l’appel à un vote massif, le 29 septembre, qui dépassera les 14,5 millions de votants recensés à l’issue du scrutin en faveur de la concorde civile : “Le nombre de 16 millions de votants devra être atteint le jour J, en vue de dépasser celui du scrutin en faveur du wiam, qui est de 14,5 millions”. Zaïd Zoheïr
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