Jeudi 06 Octobre 2005
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Panorama
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Culture
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

LIBÉREZ LE PAUVRE MALHEUREUX !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Communiqué : hier, vers 13 heures, dans le quartier
du 1er-Mai, un homme a couru derrière un taxi jusqu’à
en perdre haleine. Il est prié de venir la récupérer en
urgence.”

Son haleine, bien sûr !

One ne peut plus continuer de fonctionner à l’“Allusionnite” cette technique spécifiquement algérienne : on ne nomme jamais la chose. On y fait allusion, sans donner l’air d’y toucher. On dit qu’on va tout révéler, sans rien dire au final. On jure qu’on détient toutes les preuves pour n’en fournir aucune au bout du compte. Prenez cette histoire de Ali Benhadj qui ne serait plus détenu pour simple incitation au meurtre lancée sur Al Jazira, mais parce qu’on aurait trouvé chez lui des documents attestant qu’il se préparait à participer à des actions violentes. Si ces preuves existent, qu’elles soient officiellement produites. Ça n’a jamais gêné le régime par le passé de filmer des aveux et de les diffuser sur l’ENTV, d’exhiber devant les mêmes caméras des tangos debout contre un mur avec, sur une table posée devant eux, tout un arsenal de guerre, entre sabres, couteaux, pistolets mitrailleurs et bombinettes de fabrication plus ou moins artisanale. Alors, si vous disposez aujourd’hui de preuves du genre démontrant que le Benhadj trempe ou tentait de tremper dans une action violente imminente, donnez-les nous à voir. Sinon, libérez-le. Car la place de Ali Benhadj n’est pas en prison. Elle est dans les salons dorés de la République. Il doit trôner aux côtés des autres nouvelles stars de la “paix à barbe”. Ali Benhadj, Abassi Madani, Madani Mezrag, Kertali et autres Benhadjar sont la vitrine flambant neuf de l’Algérie réconciliée bla djedha avec elle-même. Il est impossible et impensable que l’on ait pu trouver des documents appelant à la violence chez Alilou. C’est un chef intégriste, et les chefs intégristes, c’est bien connu, surtout depuis le 29 septembre dernier, n’ont jamais appelé au meurtre, n’ont jamais mené une guerre contre le peuple, n’ont jamais rendu licite l’enfournement des bébés. S’il y a des documents dangereusement subversifs, appelant à déstabiliser une Algérie qui ne veut que la paix, il faut les chercher dans les tombes de Belkaïd, Boucebsi, Belkhenchir, Djaout ou Hachemi Chérif. Mais pas chez Ali Benhadj, que Dieu et la Mouçalaha lui prêtent longue vie. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

Nombre de lecture : 3498

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site