Actualités : "LE SAHARA OCCIDENTAL : DERNIÈRE COLONIE EN AFRIQUE"
Le documentaire qui a bouleversé le Congrès américain
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari


Les Américains s’intéressent de façon de plus en plus active et visible au dossier sahraoui. Après avoir commandé puis supervisé l’opération de libération des derniers prisonniers marocains détenus par le Polisario et refusé de céder aux pressions françaises consistant à contourner l’Onu dans la traitement de la question du Sahara occidental, ils viennent de se positionner, encore une fois, dans l’affaire.
En effet, jeudi dernier, au Capitol Hill, et devant de nombreuses personnalités (membres du Congrès, ONG, représentants identifiés de puissants lobbies) le documentaire “Le Sahara occidental : dernière colonie en Afrique” a été visionné et a marqué les esprits. Le filme a été présenté par “le sous-comité d’Afrique”, “droits humains”, et “International of Congress”. l’un des producteurs et promoteurs “Jo Marrie Fecci” était présent au Capitol Hill pendant la projection. A l’issue de la présentation de ce long témoignage, “US Western Sahara Fundation” a même rédigé un communiqué dans lequel elle relève que les congressmen américains ont été “touchés” et “impressionnés” par le film. Les USA n’ont jamais apprécié, relevons- le, que James Baker — un Américain qui compte dans “l’establishment" américain tout d’abord par ses compétences et sa forte personnalité ensuite parce qu’il est l’un des pétroliers les plus influents aux “States” et dans le monde — ait été désavoué par la France et le puissant lobby à l’intérieur du PSOE espagnol sous la houlette de Felipe Gonzales. Les Américains savent parfaitement que Zapatero, l’actuel chef du gouvernement à Madrid, même s’il est fondamentalement partisan du plan Baker, ne peut rien, pour le moment, contre les intérêts de la puissante caste franco- marocaine dont Felipe Gonzales est, en Espagne, le représentant attitré. C’est donc par le biais de Josep Borell, espagnol de son état et président du Parlement européen (PE) qui, du temps de l’après-franquisme et de la transition assumée par le PSOE, s’oppose énergiquement aux accords tripartites (Espagne, Maroc, Mauritanie), que les USA répondront à l’axe Paris-Rabat. J. Borell, en effet, avait, le mois passé, insisté sur le “respect par l’Europe, des “résolutions onusiennes pertinentes sur le Sahara occidental”. Le président du PE avait même estomaqué ses interlocuteurs marocains en identifiant et indiquant le chemin par lequel l’Europe moins la France compte emprunter pour y arriver : le plan James Beker II. “Le Sahara occidental : dernière colonie en Afrique”, vu et approuvé à Washington par les sénateurs et députés américains, s’inscrit dans cette guerre souterraine que se livrent Américains et Français dans cette partie du monde. C’est une excellente nouvelle, en tout cas, que les Américains s’immiscent dans la région. Cela nuira aux intérêts franco-marocains et contribuera , sans nul doute, à chasser les démons coloniaux et néocoloniaux que porte et protège Paris.
A. M.

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