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“Algérie. Le poulet à trois yeux qui a sauvagement mordu son
propriétaire avant de s’enfuir sur ses quatre pattes a été capturé
et abattu. Les analyses vétérinaires sont formelles. L’animal
n’était pas porteur du virus de la grippe aviaire.”
Ouf !
Lorsque le ministre de la Santé, interrogé par des journalistes sur les
stocks algériens de vaccins contre la grippe aviaire, avait répondu “ça ne vous
regarde pas ! “, nous avions mis cela sur le compte des effets du Ramadhan et
avions titré la chronique “Ghalbou !”. Quelques jours et la Turquie et la
Roumanie après, il ne s’agit plus de boutade ni de chambrer Amar Tou. Mais juste
de reposer les mêmes questions têtues : de combien de vaccins contre la grippe
aviaire, ou de la grippe tout court disposons-nous en stock ? En avons-nous
vraiment ? Ces deux questions peuvent apparaître vicieuses et tendancieuses.
Pourtant, je puis vous assurer qu’aucune intention malveillante ne se cache
derrière cette double interrogation. Surtout pas lorsqu’il y a danger pour la
santé publique, menace sur les vies de nombreux citoyens et risque de
catastrophe nationale. Alors, plutôt que de tergiverser, je me dis qu’il serait
judicieux que les autorités sanitaires, en l’occurrence le ministère de la
Santé, s’inspirent de démarches de transparence adoptées ces derniers jours par
plusieurs pays européens, dont la France. On a ainsi pu voir sur des chaînes
d’information continue et généraliste des hangars de l’armée française où
étaient entreposés des millions de vaccins. Des images filmées par l’ANP
dialhoum et diffusées avec son autorisation. Qu’est-ce qui empêche, chez nous,
de rassurer justement la population de plus en plus inquiète en filmant nos
propres stocks de vaccins ? Ça ferait taire les “mauvaises langues” qui
affirment que nous n’avons pas encore les vaccins nécessaires pour faire face à
la pandémie. Ça contribuerait à renforcer la crédibilité des autorités qui
seraient alors jugées sur pièces. Et, là, au moins, l’ENTV serait mise à
contribution pour une réelle mission de service public. Je ne vois pas pourquoi
les caméras de l’Unique sont trimballées pour n’importe quelle
couscous-party,
et ne seraient pas réquisitionnées pour nous donner à voir les images
réconfortantes de hangars algériens où seraient entreposés les précieux vaccins
? Car, en matière de santé publique, nous n’avons rien à cacher ? Yak ? Et là,
il s’agit bien de protéger toute une population. Tout un peuple. Un peuple
tellement formidable, qui n’hésite pas à voter à 98% dès qu’on le lui demande et
qui mérite donc en retour d’être couvert sanitairement. Je fume du thé et je
reste éveillé en attendant la diffusion de ces images, le cauchemar continue.
H.
L.
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