La construction en Algérie de centrales électronucléaires dans l’avenir est conditionnée, selon le ministre de l’Energie et des Mines, le Dr Chakib Khelil, par un triptyque. Soit l’existence de moyens techniques, humains et financiers, une option stratégique de l’Etat et le respect de la sécurité environnementale, industrielle et des personnes. En fait, les aspects techniques ne posent aucun problème pour notre pays qui peut bénéficier, selon le Dr Khelil, de l’expérience internationale en ce domaine, 460 réacteurs nucléaires existant actuellement à travers le monde. Le Dr Chakib Khelil s’exprimait hier à l’hôtel El- Aurassi en marge des travaux de deux journées d’information sur l’avant-projet de loi nucléaire, organisées sous l’égide des ministères de l’Energie et des Mines et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et la collaboration de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En fait, l’Algérie dispose déjà de deux réacteurs de recherche nucléaire que sont Noor (1MW thermique), implanté à Draria dans la wilaya d’Alger, et Essalam (15 MW thermique), installé à Birine, dans la wilaya de Djelfa. Ce faisant, notre pays, qui a adhéré en 1995 au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, œuvre depuis deux décennies à promouvoir la recherche scientifique et l’utilisation de la technologie et des techniques nucléaires à des fins pacifiques et de développement socio-économique. Notamment dans la production d’électricité, l’agriculture, l’eau, l’environnement, l’industrie et la santé. En fait, Chakib Khelil a appelé à développer l’industrie nucléaire qui génère, selon lui, des retombées positives sur de très nombreux secteurs industriels. Cela même si des retombées négatives, des dangers et des risques de catastrophes industrielles, sont aussi à prévoir et à gérer, selon le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Dr Rachid Harraoubia, autre hôte de ce séminaire. A ce titre, un projet de loi sur le nucléaire est en cours d’élaboration, le département de Rachid Harraoubia ayant été en effet chargé de constituer un groupe de travail intersectoriel, bénéficiant de l’expertise et de l’assistance juridique et législative de l’AIEA, et auquel a été confiée la mission de soumettre ce projet. Ce projet de loi doit définir les bases légales d’utilisation de l’énergie et des techniques nucléaires, ainsi que le rôle et les responsabilités de l’ensemble des parties prenantes des activités liées à cette filière. Il doit aussi prévoir le régime d’octroi d’autorisations de prospection et d’exploitation, ainsi qu’un modèle de prévention des radiations ionisantes et de gestion des déchets radioactifs. Cela conformément aux normes internationales en ce domaine et en prenant en considération les principes de la garantie, la sécurité et de la sûreté mais aussi ceux liés à la responsabilité et la transparence, ainsi que du développement durable. Néanmoins, le ministre de l’Energie a estimé primordial de développer un consensus national et la concertation la plus large à ce propos, l’élaboration d’une loi nucléaire étant, selon lui, “un exercice difficile et délicat” et “qui prend du temps et dépend des questions qui seront soulevées”. Chérif Bennaceur
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