Najia Abeer a cessé d’errer de Constantine à New York en passant par tous les pays du monde qui ont vu son talent s’étendre hors des frontières de la littérature algérienne. Cette enfant du pays et de la ville des Ponts suspendus a laissé ses mots, son verbe conjugué au temps les plus reculés de Souikha cette femme volontaire et engagée pour la sauvegarde de la mémoire du patrimoine national s’en est allée. Brusquement, sans crier gare, elle s’est détendue dans un sommeil éternel. Constantine pleure, le monde littéraire pleure, les mots sont endeuillés. Constantine est aussi le titre de son premier livre. Un itinéraire dans l’intimité de son auteur et aussi un récit de vie ! Najia Abeer n’est plus, mais ses traces sont inscrites sur les lignes des livres et des ouvrages qu’elle a amoureusement composés. Que de maux pour cette auteure en quête de racines et d’identité. Mémoire du temps, instrument de lecture et délices de culture, pour la connaître il suffira de la lire ou de la relire. A travers son parcours, c’est toute la volonté de la femme algérienne qui s’exprime. Sortir des carcans emprisonnant la femme algérienne dans une prison à peine voilée. Najia Abeer, elle, a survolé les ponts suspendus ; elle a voyagé sans visa dans les racines du temps ; elle a conquis des publics hétéroclites et souvent sceptiques par rapport à ses traditions. Najia Abeer a su convaincre ses lecteurs de l’importance des traditions et la conservation du passé tel quel. Triste nouvelle que celle du départ précipité de ce professeur d’anglais. Najia Abeer enseignait la langue de Shakespeare à l’université d’Alger. Née en 1948 à Souikha, Najia Abeer a publié L’Albatros - éditions Marsa 2004, et Bab-El-Kantara, éditions Apic 2005. Sam H.
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