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Réagissant au communiqué dans lequel Anouar Haddam annonce
son retour en Algérie, les autorités algériennes se montrent intraitables
et réagissent fermement : “Il n’est pas question que Haddam
revienne en Algérie s’il est… atteint de la grippe aviaire.”
Bravo âlikoum !
Lundi 24 octobre. 13h44. Ma consœur Nabila de la radio Chaîne III pose cette
question fort judicieuse à son invité du jour, Abdelaziz Belkhadem : “On annonce
le retour imminent de Anouar Haddam en Algérie. Cet ancien dirigeant du FIS
avait revendiqué en son temps l’attentat sanglant du boulevard Amirouche. Cette
revendication ne le fait-elle pas entrer dans la catégorie des personnes exclues
par la charte ?” Et là, le spécialiste du “t’zendik politique”, le maître du
trabendisme idéologique, ose cette immonde réponse : “Je ne suis pas au courant
de cet épisode. Je ne sais pas si la personne en question a fait ce que vous
dites qu’elle a fait.” Que l’Algérie officielle se déculotte devant les bouchers
devenus héros un 29 septembre 2005, c’est un fait, qu’on nous bassine avec une
imminente réédition de Hassan Hattab alors que celui-ci est déjà “en ville” et
sirote du café Grand-Mère aux frais du contribuable, c’est un autre fait, mais
que Abdelaziz Belkhadem veuille nous prendre pour des lobotomisés sous prétexte
que le mois sacré de Ramadhan diminue l’activité cérébrale normale, là faut pas
pousser, momone ! Il y avait encore de la fumée âcre, des restes humains et de
grandes taches de sang séché sur les murs du Commissariat central et sur les
tôles calcinées du bus de l’Etusa lorsque Haddam a revendiqué l’attentat. Et un
ministre de la République, une république qui était justement visée ce jour-là à
travers l’un de ses symboles, la police ose émettre un doute aujourd’hui sur la
revendication ? C’est une honte. Pis encore ! Qu’un “activiste politique” aussi
acharné que Belkhadem, qu’un “aspirateur” de communiqués, de publications et de
bulletins islamistes comme Belkhadem, qu’un archiviste aussi sourcilleux de la
littérature intégriste que Belkhadem affirme sans se démonter qu’il n’est pas au
courant d’une telle revendication, c’est une insulte aux chouhada du boulevard
Amirouche, c’est une insulte à leurs familles aujourd’hui encore inconsolables
et c’est une insulte à toutes celles et tous ceux qui se sont constitués et ont
porté plainte auprès de juridictions américaines. A cette Algérie-là, Belkhadem
dit “je ne sais pas !”. Mais eux, tous ceux dont la tête résonne aujourd’hui
encore douloureusement de la voix de Haddam revendiquant la boucherie du
boulevard Amirouche, savent. Ils savent qui vous êtes. Qui vous écoutez
religieusement. A qui vous vous confiez. Et à qui vous confiez nos petits et
grands secrets d’Algériens. Mais je vous le concède, l’Algérie a changé. Il me
semble déjà loin le temps où les garde-fous de la RADP disaient catégoriquement
non à celui qui voulait vous nommer Premier ministre. Aujourd’hui, Anouar Haddam
rentre. Rabah Kébir rentre. Et vous, vous êtes déjà là ! Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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