
Culture : CONCERT-DJAMEL LAROUSSI A El-MOUGGAR Une fusion ethnique !
Djamel Laroussi est l’artiste qui a fait danser des millions d’Algériens sur son étoile filante. Mercredi et jeudi derniers, le public algérois s’est déplacé en nombre à la salle El-Mouggar pour voir passer cette étoile qui réalisera leur vœu, celui de voir, enfin, son compositeur, Djamel Laroussi, et son groupe de musiciens multiethnique sur une scène algérienne. Le ton est donné dès le début. Laroussi choisit de faire son entrée parmi le public, tabor accroché à la taille, avec tout le groupe derrière lui, au rythme des cliquetis de karkabou, chantant leur dernier tube : Alaâfou. Le rythme et encore du rythme, le public était déjà conquis. Debout de part et d’autre de la salle, on se déhanchait et applaudissait à tout-va. Laroussi a su tout de suite trouver la mèche et ainsi “mettre le feu” dans les esprits. Mais, en artiste complet et imprévisible, il ne se contente pas de voir les autres danser, à son tour, il offre un vrai show sur scène avec des danses chorégraphiées et des délires entre lui et ses musiciens, en particulier avec l’un d’eux, d’origine camerounaise, au tempérament survolté, qui est devenu, très vite, la coqueluche du jeune auditoire. La musique de Laroussi est inclassable malgré des instruments conventionnels (une guitare électrique ou un gumbri bien manié, une batterie à la charge du Camerounais, la percussion pour un Sénégalais et un claviste et un bassiste) mis entre les mains de Laroussi et son groupe, le résultat n’a pas de précédent. On vogue du gnawi à la salsa et du jazz au reggae ou on mélange le tout en même temps ; mais mélodieux, on ne peut qu’accrocher, mais dès qu’on se met à apprécier les fines notes, Laroussi surprend en reversant la cadence avec du gros rythme à coup de percussion, de bendiret de karkabou et cela s’écoute avec les hanches. Bien sûr, tout le monde attendait le titre phare étoile filante, mais Djamel Laroussi a présenté d’autres compositions qui valent tout aussi bien ce premier tube et qui mériteraient d’avoir leur place sur les ondes de nos radios, comme n’Kodo, chanson aussi en français qui parle de la séparation avec un refrain en arabe, un refrain que le public a répété plusieurs fois avant de trouver son bon rythme, mais le prof, Laroussi, a veillé à ce que la leçon soit complètement assimilée et tout ceci dans une très bonne humeur. On a donc dansé, chanté et applaudi sans rémission pendant ce concert exceptionnel et inédit qui a duré plus de deux heures. Mais ce n’est pas tout le monde qui a pu en profiter, malgré l’exiguïté de la salle El- Mouggar, on a dénombré des sièges vides ! La cause : le prix du billet était à 500 DA. Yacine Hirèche
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