
Actualités : MALGRÉ UNE RÉPARATION COÛTEUSE Le navire “Bel-Abbès” toujours au mouillage
Réparé pour la bagatelle de 10 millions de dinars, le navire Bel Abbès est, depuis le mois de septembre, au mouillage dans le port de Marseille. De type général cargo dont le port en lourd est de 12 000 tonnes, ce navire appartenant à la Compagnie nationale algérienne de navigation (Cnan) a été restauré au chantier naval Erenav dans l’unité de Béjaïa. Une opération qui a duré de décembre 2004 à août 2005. “Pourquoi la Cnan répare-t-elle inutilement ses navires ? Pourquoi tant d’argent gaspillé pour des navires au mouillage ?” se sont interrogés les initiés. En effet, le Bel Abbès, après sa sortie du chantier au mois de septembre, a rejoint le port de Marseille pour des “réparations complémentaires”. Selon nos informations, le bureau d’expertise Veritas France a remis en cause les conclusions du bureau de classification national, Verital Algérie. Aux 10 millions de dinars viennent encore se greffer d’autres frais supplémentaires. Ceci, outre le manque à gagner du fait de l’inexploitation du navire. En comptabilisant uniquement le coût journalier et les frais d’immobilisation, l’ardoise affiche 4 800 dollars par jour de frais. Un chiffre qu’il faut multiplier au minimum par 240 jours. “C’est une technique pour faire oublier un navire. La Cnan répare, puis plusieurs mois après, elle le revend en catimini”, soupçonne-t-on. “Il faut, cependant, relever que cela se fait sur le dos de l’entreprise et surtout aux frais de l’Etat.” D’où l’interrogation : la privatisation de la Cnan est-elle amorcée ? Depuis déjà quelques mois, 23 navires ont été mis en vente. “Pourquoi vendre ces navires sans renouveler la flotte ?” s’interroge notre interlocuteur. A ce sujet, il y a de cela une dizaine de jours, la direction générale de la Compagnie nationale algérienne de navigation a invité tous les syndicats du secteur maritime à une réunion tenue sur le navire le Millenium Premium Express. L’objet de la rencontre : tenter d’aplanir la situation après la décision de surseoir au débrayage du 16 octobre. Le secrétaire général de la section syndicale de la Cnan avait alors remis en cause, lors de la conférence de presse, la “décision à la fois injuste et clandestine de dissoudre la compagnie de transport maritime de marchandises, la Cnan”. “Grande était notre surprise de lire dans un journal gouvernemental l’appel à manifestation d’intérêt national et international pour la cession totale ou partielle de l’entreprise Cnan Group et de ses filiales. Il s’agit d’une provocation lancée à l’adresse des travailleurs et nos doutes exprimées la dernière fois se sont aujourd’hui avérés vrais», a soutenu le secrétaire général du syndicat d’entreprise de la Cnan. Meriem Ouyahia
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