Actualités : SKIKDA
Une offre toujours en deçà


Skikda a bénéficié dans le cadre du programme quinquennal de 2000 logements, un nombre qui sera revu à la hausse si jamais les délais de réalisation seront respectés, selon les dires du wali. Ils s’ajoutent aux 2800 unités du PEC (programme en cours) dont 603 ont été réceptionnés en septembre.
Au chapitre des attributions dévolues actuellement à la daïra, des milliers de demandeurs attendent, tous convaincus qu’ils y ouvrent droit, du vétéran de la promiscuité au gourbisard, en passant par le “cascadeur” habitant des bâtisses qui menacent ruine, ou le célibataire dont le conjoint aurait exigé un “appart” à part. Les logements sociaux ont cette cynique manie de provoquer les émeutes. La disproportion entre l’offre et la demande, le non-respect des délais de livraison, l’incapacité avérée des entreprises à s’y conformer pour des raisons de coût de réalisation arrêté par la tutelle, ainsi que les dépassements enregistrés à l’issue des attributions, sont autant de facteurs qui en ont contribué. La dernière attribution en date remonte à l’an 2004, chapeautée par la commission communale présidée par l’actuel P/APC. Elle fut jugée selon la vox populi, au risque de déplaire à quelques-uns, comme la plus équitable que la wilaya ait connue. “Tout est relatif”, dit-on et “comparaison n’est pas raison”. Pour rappel, 348 logements y furent distribués pour près de 20 000 demandes formulées dont “près de 90% éligibles au logement locatif à caractère public”, nous a dit le P/APC lors d’une entrevue qu’il nous a accordée. Bien que quelques membres de cette commission se soient montrés satisfaits de leur ardue besogne, en déclarant “on a vraiment ciblé ceux qui sont vraiment dans le besoin : ceux qui vivaient dans des garages, ceux qui étaient à 16 personnes dans un F2 délabré. D’autres se supportaient à 6 membres (frères et sœurs) dans un F1 dans une même chambre sans fenêtre...”, la grogne et le mécontentement des citoyens furent, comme à l’accoutumée, au rendezvous. Faire endosser l’origine des contestations “couronnant” ces attributions, à ces seules commissions serait vraiment réducteur. Car, celles chapeautées par l’administration à travers les walis n’ont pas laissé de si précieux souvenirs. C’est la même grogne et les mêmes propos dénonçant la corruption, le clientélisme et les affiliations familiales y prévalant, qui en ont découlé. “Les biographies immobilières” avaient déjà tout dit sur ce sujet. Il ne sert à rien d’y revenir dans notre article. Concernant le programme quinquennal, 820 logements ont été lancés, et 900 ont fait l’objet de deux appels d’offres internationaux, dont le premier a été jugé infructueux. A l’issue du deuxième, une entreprise turque a été retenue, “des négociations sont en cours avec elle, et les travaux de réalisation seront lancés incessamment”, nous dira le directeur de l’OPGI. Les sites affectés à l’implantation des bâtisses ont été déjà retenus, à Skikda (500 logements au lotissement de la briqueterie en face de l’hôpital des 240 lits), 200 pour chacune des daïras de Azzaba et El- Harrouch. Au sujet du programme en cours, on en dénombre 2 800 logements dont 1 003 réceptionnés à la fin 2004, et 603 à la fin septembre 2005. Parmi eux, il conviendrait de citer ceux implantés à Hamadi- Krouma, dont les travaux de réalisation ont été confiés à quatre entreprises de réalisation. L’inauguration du chantier a été faite par le wali au mois d’avril, avec à la clé une instruction ferme de livrer les immeubles en 12 mois. A noter que parmi les 1 003 logements de l’an 2004, 267 ont été attribués au profit des habitants de la cité précaire du Match, les évacués des glissements de terrain survenus à Stora, l’îlot des Chèvres, et la cité de la Résidence, soit des cas d’urgence que les pouvoirs publics ont dû régler dans la “précipitation”. Dans le cadre social, les logements vacants ne seront occupés par leurs potentiels bénéficiaires qu’au début de l’an 2006, une date à prendre avec des pincettes, puisqu’on ne veut pas trop s’aventurer sur ce terrain propice à la contestation, selon la vision des responsables, on laisse par contre la rumeur se déployer librement. Il y a lieu de souligner au moins que les commissions de daïra sont à pied d’œuvre pour finaliser les dossiers des demandeurs, qu’ils ont récupérés des APC, enfin, veiller à ce que les procédures réglementaires soient bien respectées. En attendant que l’an 2006 soit la première attribution du programme quinquennal, les “attendeurs” conjuguent le verbe attendre à tous les temps et les… tons.
Zaïd Zoheïr



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/10/25/article.php?sid=29726&cid=2