Mercredi 26 Octobre 2005
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Actualités : QUATRE QUESTIONS A FAROUK K'SENTINI
“Je suis contre l’emprisonnement des journalistes”


Le Soir d’Algérie : Aujourd’hui, le journaliste Mohamed Benchicou passe son 500 ème jour en prison. Votre commentaire ?
Farouk K’sentini :
Je l’ai dit à plusieurs reprises, je suis contre l’emprisonnement des journalistes. Sur ce point, je suis clair net et précis. En ce qui concerne le journaliste Mohamed Benchicou, je considère que celui-ci est victime d’abus de détention préventive. Maintenant, s’il est coupable, c’est à la justice de trancher. Mais ce que je ne comprends pas, c’est que Benchicou, qui était sous contrôle judiciaire, a été mis sous mandat de dépôt en pleine audience.

C’est une démarche que je ne comprends pas, car il était logique que Benchicou réponde des chefs d’inculpation sans qu’il soit placé sous mandat de dépôt, et ce, jusqu’au traitement final de son affaire, où la justice aura à trancher une fois pour toutes.
L. S. : Son dossier traîne au niveau de la Cour suprême, d’où le sentiment que Benchicou ne sera pas rejugé. Qu’en pensez-vous ?
F. K. :
Au niveau de la Cour suprême, ce sont des pratiques qui ont tendance à se perpétuer. Les dossiers traînent toujours. Cela dit, j’ai dit dernièrement que les avocats de Benchicou ont introduit un mémoire et je crois que son affaire est sur le point d’être jugée.
L. S. : Vous ne pensez pas qu’à travers le cas Benchicou, la liberté de la presse en Algérie est plus que jamais menacée ?
F. K. :
En général, une société ne peut pas respirer sans liberté. Et dans ce cas, on ne peut parler de démocratie, d’Etat de droit, de libertés sans la liberté de la presse. Cette dernière joue un rôle important. Je l’ai déjà dit et je le répéterai autant de fois qu’il le faut : le journaliste doit exercer son travail d’informer en toute sécurité. Cela m’amène à commenter le dernier classement établi par Reporter sans frontière (RSF), où l’Algérie a été classée à la 129e position. Je crois que ce classement est injuste, car j’estime que la seule liberté dont la presse est privée dans notre pays est celle de diffamer, d’injurier ou d’insulter. Pour le fond, la presse est libre de dire tout ce qu’elle voit et entend, et c’est tant mieux.
L. S. : Êtes-vous optimiste pour voir Benchicou recouvrer sa liberté ?
F. K. :
Je souhaite que son recours introduit auprès de la Cour suprême aboutisse le plus rapidement possible. Et c’est à la justice de nous dire s’il est coupable ou non. Cela dit, je crois qu’il est resté depuis un an et plus en prison. La peine qu’il a purgée est largement suffisante à couvrir la faute, s’il y a faute.

Propos recueillis par Abder Bettache


youcefabder@hotmail.com

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