C’est avec une tristesse et résignation que l’on assiste depuis des années au déclassement des monuments et sites historiques qui ont valu à Tlemcen le noble qualificatif de “Ville d’art et d’histoire”. Autrefois, l’enceinte murale de Mansourah et son prestigieux minaret offrant aux visiteurs étrangers une image réelle de ce que fut la capitale des Zianides. Attirant historiens et chercheurs de tout le Bassin méditerranéen, Mansourah était considérée comme un musée à ciel ouvert. Cet espace naturel unique dans tout l’ouest algérien était aussi très prisé par les nationaux de passage à Tlemcen. C’est en fait un véritable lieu d’évasion pour les amateurs de la nature et l’endroit privilégié des randonnées familiales. Les week-ends étaient vraiment gais et animés à l’époque, c’était aussi le temps d’une sincère complicité entre l’homme et la nature. La banlieue ouest de l’ex- Grenade d’Afrique offrait au plus stressé un paysage des plus relaxants. Aujourd’hui, les ruines de la civilisation mérinide ont besoin d’une réelle prise en charge, car Tlemcen est en train de brader un pan de sa prestigieuse histoire. Les sites de “la Victorieuse” n’attirent plus la grande foule, ce sont plutôt les racoleuses qui occupent les lieux. Mais où sont donc passés les arbres et l’abondante végétation qui existaient autour de cet édifice ? Mieux encore, les industriels de la ville ont tout simplement utilisé ces lieux pour en faire un dépotoir : déchets, détritus sont déposés en plein jour au milieu de ces vestiges datant de plus de sept siècles existant encore. Il est vrai que les consciences sont devenues austrés et le pire est à craindre. Il ne reste plus qu’à souhaiter un petit sursaut orgueil des riverains pour sauver ce que le béton a épargné. M. Zenasni
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