
Le Soir Auto : Le marché de l’automobile dans tous ses états
Le mois sacré du Ramadhan qui approche de sa fin a été très riche en évènements dans le monde de l’automobile. Les constructeurs ont été d’une agressivité commerciale très surprenante. Le niveau des remises accordées souvent sur l’ensemble des gammes proposées au client algérien a atteint des proportions très édifiantes. Pas moins de 300 000 DA pour certaines marques. Certes, ce mois de bénédiction a toujours été un rendez- vous attendu par les clients et un moment inscrit dans le calendrier de la majorité des marques installées en Algérie pour “s’adapter” à l’ambiance générale en concédant des prix promotionnels mais qui demeuraient toutefois dans la fourchette du tolérable de “l’époque”. Pourquoi alors tant de frénésie et de surenchère en ce moment précis ? D’aucuns rétorqueront que c’est la résultante d’un surstock chez beaucoup de concessionnaires en raison d’un tassement inattendu des volumes de vente d’une manière générale. Il est vrai, en effet, que ce mois intervient à une période de vaches maigres qui s’est caractérisée par une baisse sensible des livraisons, amorcée dès le mois d’août écoulé avec un recul très marqué au cours de septembre. Une situation qui a effectivement surpris aussi bien les concessionnaires que les observateurs. Un tel scénario n’était attendu que vers la fin de l’année 2006 où il était espéré une structuration du marché de l’automobile en Algérie, avec une décantation et une saturation annoncées. Pourquoi alors un tel bouleversement des données ? Dans l’attente d’une étude fiable du marché algérien, il est possible d’avancer a posteriori que deux raisons majeures peuvent, dans l’état actuel des choses, expliquer amplement ce phénomène. D’une part, la décision de la Cnep de suspendre le crédit auto a été comme un frein à la dynamique de vente qui avait marqué notamment l’année 2004. De par les conditions avantageuses offertes à la clientèle et surtout sa structuration à travers l’ensemble du territoire national, la Cnep aura été et restera pour longtemps la seule banque qui a accompagné efficacement l’aspiration légitime de l’Algérien à acquérir un véhicule neuf. D’autre part, et tout récemment encore, la décision des autorités nationales de suspendre l’importation de véhicules de moins de 3 ans a eu l’effet d’une lame de fond qui a brisé bien des ambitions. Le chiffre provisoire de 15 000 véhicules importés dans la précipitation par les différents réseaux versés dans ce créneau, et en un laps de temps cours, a été comme une douche écossaise pour le marché du neuf. C’est autant de véhicules à écouler dans un marché de l’occasion non encore organisé. Ce qui explique une présence massive, importante et inhabituelle de véhicules immatriculés en France notamment, circulant à travers le pays. Combien faudra-t-il de temps pour que ce stock soit absorbé par le marché parallèle ? Les plus optimistes estiment qu’un retour à la normale n’est attendu que vers le premier trimestre de l’année prochaine. A ces deux éléments de réponse, d’autres ne manqueront pas d’ajouter la sécheresse qui sévit dans certaines régions du pays et ses incidences négatives sur, principalement, les utilisateurs de véhicules utilitaires. Ceci étant, le marché de l’automobile en Algérie, et à défaut d’une réglementation nationale efficiente et d’un système bancaire plus souple, restera tributaire de données incontrôlées et imprévisibles. B. Bellil
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