Jeudi 27 Octobre 2005
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Panorama
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Kabylie Story
Culture
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

LES JOURS D’APRÈS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Lutte préventive contre la grippe aviaire. Les autorités algériennes
viennent de prendre une importante et courageuse
décision. La catégorie “poussins” vient d’être supprimée du
championnat de football.”

Et les poids plume en boxe ?

J’avais juste envie de marquer le 501e jour. Comme pour dire qu’il ne suffit pas de se laver les bords de la conscience avec un dossier ou un entrefilet sur le 500e jour de détention de Mohamed pour se sentir ensuite soulagé et mieux dormir le soir. J’avais comme l’impression hier d’une corvée à expédier, marquer sa présence à une commémoration fastidieuse, comme ces habitués des cimetières qui, toute l’année, ne sont jamais au chevet d’un malade, mais le jour de son trépas se postent bien en évidence au bord du trou. Et se hissent même sur la pointe de leurs chaussures pour être remarqués de la famille du défunt. Mohamed n’est pas mort. Il est malade. Mais il n’est pas mort. Il vit même aujourd’hui son 501e jour de détention. Demain vendredi, il endurera son 502e jour de prison. Et nous ne serons jamais à la hauteur de son calvaire lorsque, interrogés sur son maintien en prison, sur son drame de détenu malade, nous ne trouvons rien de mieux à dire que de déblatérer à moindre frais sur l’urgence d’un code ou d’une charte de déontologie. Bon dieu de bonsoir, ce n’est pas de l’avenir de la presse dont il s’agit aujourd’hui, dans l’immédiat, mais bien de celui de Mohamed en tant qu’homme arbitrairement détenu et arbitrairement soigné. On parle de l’encagement d’une des plus belles plumes d’expression française, et les “interpellés” évoquent la nécessaire prise de conscience de la caste des journalistes après le 8 avril 2004 ! L’art de l’esquive en journalisme me semble moins noble qu’en boxe. Mais plus blessant, lorsqu’il ne se révèle pas parfois meurtrier. Alors, 501e jour de détention pour Mohamed. 502e jour de détention demain. Et les suivants. Souffrez de vous heurter chaque matin à ce terrible compteur qui continuera de s’afficher sur la Une du Soir d’Algérie tant que Benchicou restera en prison. Une goutte d’eau. Et puis avant de terminer, cette anecdote, cette autre goutte d’eau délicieuse : c’est au moment où il manifestait devant l’ambassade d’Algérie à Paris pour marquer le 500e jour de détention de Mohamed et exiger des autorités algériennes sa libération que Robert Ménard a appris qu’il était récipiendaire, au titre de Reporters sans frontières, du prestigieux prix Sakharov. Et nous, où étions-nous ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

Nombre de lecture : 3254

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site