Samedi 29 Octobre 2005
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AU BON VOULOIR DE SI HASSAN !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Le chef de l’État iranien a déclaré : “Israël doit être effacée de la
carte du monde.” Et la bêtise profonde, elle sera effacée quand de la
carte de…

…l’Iran ?

— Monsieur Hattab, s’il vous plaît, rendez-vous !
— Me rendre ! Mais vous n’y pensez pas ! Savez-vous au moins
à qui vous parlez ?
— Désolé ! Il est vrai que l’emploi de l’expression “rendezvous”
est totalement incongru s’agissant de vous. Disons plutôt
que nous souhaiterions ardemment vous voir descendre de votre
maquis pour venir honorer de votre présence les misérables
plaines et vallons que vous dominiez jusque-là du haut de votre
nid d’aigle. Ça va comme ça ?
— C’est un bon début. Reste que moi, Hassan Hattab, dénommé
le “valeureux combattant” par votre propre chef des armées ne
peut descendre comme ça, d’un claquement de doigts de mes
montagnes. J’ai des conditions à poser à la RADP
— Lesquelles ? Formulez-les et nous nous chargeons de les
satisfaire.
— En premier, que les preuves de mon implication directe dans
des attentats à la bombe soient effacées.
— Quels attentats à la bombe ? M’enfin ! Tout le monde sait,
depuis le 29 septembre surtout, que vous n’avez jamais participé
à un attentat à l’explosif. Ni de près, ni de loin ni même à moyenne
distance télécommandée.
— Bien. Très bien. Je voudrais aussi que l’on efface toute trace
de ma participation directe ou indirecte à un massacre collectif.
— Des massacres collectifs ? Jamais au grand jamais votre
nom n’a été cité dans le cadre d’un massacre collectif. S’il survenait,
par malheur, qu’un rescapé ose venir aujourd’hui témoigner
de votre participation à un massacre collectif, je puis vous assurer
que son nom viendrait aussitôt grossir la liste des disparus de la
tragédie nationale.
— Je voudrais ensuite que vous me disculpiez de tout acte de
viol auquel j’aurais participé.
— Des viols ? Vous n’y pensez pas ! Avec votre belle gueule,
votre profil d’acteur, de jeune premier, il est évident que ce sont les
filles qui vous ont de tout temps harcelé et poursuivi de leurs
cupides avances.
— Je ne vous le fais pas dire !
— Sinon, d’autres conditions à formuler, Monsieur Hattab ?
— Certains termes de la charte me chiffonnent. C’est quoi cet
hommage appuyé au rôle de l’ANP dans l’éradication du terrorisme
?
— Vous savez, ce texte a été voté à 98%. On ne peut pas revenir
dessus. C’est trop tard pour…
— Dites donc, vous êtes sûrs que vous voulez me voir quitter
le maquis ? Hein ?...
— Attendez un instant ! Il faut que j’appelle. Allo ? Oui ! C’est
cela, absolument ! J’avais bien compris. Tout à fait. Je vais lui
transmettre.
— Alors ? Que dit votre chef ?
— Tout est réglé, Monsieur Hattab. Aucun texte n’est sacré,
sauf le Saint Coran. De toutes les manières, mon interlocuteur
tient à vous rassurer en rappelant que, dès le départ, il avait précisé
qu’il fallait lire la charte entre les lignes. Et c’est justement ce
qu’il faut faire concernant l’hommage à l’armée. Alors, nous pouvons
fumer le calumet de la paix retrouvée ?
— Pas tout de suite ! Donnez-moi encore le temps d’expédier
quelques affaires courantes, deux ou trois faux barrages, une poignée
de liquidations de policiers, trois ou quatre attaques contre
des convois militaires, une kémia de braquages de banques,
ensuite, nous daignerons descendre de nos montagnes.
— Qu’à cela ne tienne, Monsieur Hattab ! La république est
patiente avec ses valeureux fils combattants. En attendant votre
retour parmi nous, nous fumerons du thé pour rester éveillés, le
cauchemar continue.
H. L.

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