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”Novembre 54 - Novembre 2005. Cela fait 51 ans. Et l’année
prochaine, ça fera 52 ans.”
C’est pas beau le calcul mental ?!
Jusqu’à hier, nous nous attendions à mourir de la même maladie que les
Occidentaux, une pandémie très tendance, la grippe aviaire. Quand nous
regardions à la télé les images de poulets roumains ou anglais abattus, nous
nous sentions concernés, au moins par le fait de la proximité. Eh ben, c’est
râpé ! La mort par grippe aviaire, c’est pas pour notre bec ! Par contre, nous
mourrons ces dernières heures de diphtérie. Une maladie typique des nations sous
dév’. Annoncée éradiquée depuis des lustres, elle a décidé de brûler la
politesse à la grippe aviaire et de venir hanter nos bourgs et villes. Oubliez
alors ces images propres de hangars encore plus propres renfermant de belles
boîtes de vaccin Tamiflu. Revenons au bon vieux sérum antidiphtérique et aux
antibiotiques. Revenons aussi à ces affiches hideuses collées dans les
dispensaires crasseux de nos quartiers et qui recommandent dans un style
brejnévien de vacciner vos mioches contre la diphtérie. Bonté divine ! Même dans
la maladie et les pandémies, nous n’arrivons pas à coller aux basques du
continent européen. Nos poules ne sont pas foutues de nous transmettre une bonne
grosse peste aviaire. Quand les Européens vont clamser de grippe aviaire, nous,
nous tousserons, nous cracherons nos tripes et passerons l’arme à gauche à cause
d’une infection honteuse impossible à caser dans le menu d’un journal télévisé
qui se respecte. Tu t’imagines ! Moi, on me dirait qu’un mec est mort de
diphtérie, la première question qui me viendrait à l’esprit, c’est “mort ? Mais
en quelle année ? Avant ou après ghazouatou badr ?” Notez au passage ce clin
d’œil qui aurait été amusant si la diphtérie n’avait pas déjà tué deux Algériens
jusqu’à présent : c’est à la veille du 51e anniversaire du déclenchement de la
révolution de Novembre que deux citoyens, deux de nos frères sont morts de
diphtérie. Le 1er novembre, une date symbole du sacrifice pour une Algérie
indépendante, enfin gouvernée par des Algériens soucieux du bien-être de leurs
concitoyens. Et donc de leur santé. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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