Mardi 01 Novembre 2005
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PANDEMIES, 1er et 2e COLLEGE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

”Novembre 54 - Novembre 2005. Cela fait 51 ans. Et l’année
prochaine, ça fera 52 ans.”

C’est pas beau le calcul mental ?!

Jusqu’à hier, nous nous attendions à mourir de la même maladie que les Occidentaux, une pandémie très tendance, la grippe aviaire. Quand nous regardions à la télé les images de poulets roumains ou anglais abattus, nous nous sentions concernés, au moins par le fait de la proximité. Eh ben, c’est râpé ! La mort par grippe aviaire, c’est pas pour notre bec ! Par contre, nous mourrons ces dernières heures de diphtérie. Une maladie typique des nations sous dév’. Annoncée éradiquée depuis des lustres, elle a décidé de brûler la politesse à la grippe aviaire et de venir hanter nos bourgs et villes. Oubliez alors ces images propres de hangars encore plus propres renfermant de belles boîtes de vaccin Tamiflu. Revenons au bon vieux sérum antidiphtérique et aux antibiotiques. Revenons aussi à ces affiches hideuses collées dans les dispensaires crasseux de nos quartiers et qui recommandent dans un style brejnévien de vacciner vos mioches contre la diphtérie. Bonté divine ! Même dans la maladie et les pandémies, nous n’arrivons pas à coller aux basques du continent européen. Nos poules ne sont pas foutues de nous transmettre une bonne grosse peste aviaire. Quand les Européens vont clamser de grippe aviaire, nous, nous tousserons, nous cracherons nos tripes et passerons l’arme à gauche à cause d’une infection honteuse impossible à caser dans le menu d’un journal télévisé qui se respecte. Tu t’imagines ! Moi, on me dirait qu’un mec est mort de diphtérie, la première question qui me viendrait à l’esprit, c’est “mort ? Mais en quelle année ? Avant ou après ghazouatou badr ?” Notez au passage ce clin d’œil qui aurait été amusant si la diphtérie n’avait pas déjà tué deux Algériens jusqu’à présent : c’est à la veille du 51e anniversaire du déclenchement de la révolution de Novembre que deux citoyens, deux de nos frères sont morts de diphtérie. Le 1er novembre, une date symbole du sacrifice pour une Algérie indépendante, enfin gouvernée par des Algériens soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Et donc de leur santé. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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