Culture : CÉLÉBRATION DU 1er NOVEMBRE
CONCERT DE LA CHORALE NAGHAM A LA SALLE IBN-KHALDOUN
Chœurs pour chants patriotiques !


C’est sous la direction de son professeur Rabah Kadem que la plus grande chorale sur la place d’Alger, Nagham, s’est produite lundi dernier à la salle Ibn- Khaldoun à l’occasion du 51e anniversaire du déclenchement de la Révolution. Sur scène, ce sont cinq musiciens de la troupe flûtiste, pianiste, kanouniste et deux percussionnistes en costume et robe noire, qui ont énergiquement ouvert le bal à coups de Salam Ou Alikoum et Al goumari, suivis par une liste d’œuvres musicales très variées.
Nagham innove et n’hésite en aucun cas à toucher aux compositions d’Ahmed Wahbi et d’Edith Piaf, et entre les deux, glisse une très belle chanson palestinienne magnifiquement interprétée par une soliste, au timbre de voix exceptionnel. Et pour ne pas faillir aux traditions musicales du mois sacré, l’andalou était aussi du programme concocté par Nagham à son public. Un public pas très nombreux ce soir-là, à la veille de l’Aïd, les seuls endroits qui affichaient complets étaient les marchés et magasins. Donc, à part quelques initiés, la salle Ibn-Khaldoun était bien loin de l’affluence du début de l’année. Qu’à cela ne tienne, pour ceux qui ont choisi de fêter la Révolution, c’est sur des paroles exacerbés, romantiques, douces et fluides à la fois, qu’ils ont été transportés par les chants andalous immortels, à destination d’un monde parallèle, idyllique où l’amour frissonnant, sublime et innocent, est le début et la fin de toute chose. Naghem s’emballe et s’aventure sur un titre légendaire Yesterday du plus célébre groupe rockn’roll The Beatles. Une virgule pour passer de l’andalou à son plus proche descendant, le châabi. Et pour consolider ces liens très forts, la troupe, au top de sa forme, exécute le très phénoménal succès posthume Ya Rayah du maître incontesté Dahmane El Harrachi. Naghem persiste et convoque encore dans la salle aux trois quarts vide, les chants universels issus des quatre coins du monde. Pour parfaire cette fusion, Naghem choisit trois titres dont le fameux et harmonieux chant cubain, Guantanemera. Sonne alors la fin d’une soirée qui aurait gagné à rassembler plus de monde, Nagham chute en sonorités orientales sur les compositions des frères Al Rahbani. Dans ce genre musical, la chorale montre une grande maîtrise en s’appropriant parfaitement chaque gamme. Rabah Kadem a présenté en guise de fin à ce riche programme une œuvre personnelle, Taleb Ghoufranek, qui sera suivi de très près par une chaleureuse ovation de l’auditoire.
Yacine Hirèche

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