|
“Troubles dans les banlieues françaises. Alger réagit. Désormais, les
demandes françaises de visas pour notre pays seront traitées par le consulat d’Algérie
à …”
…Nantes
Je sais que la guerre civile qui sévit en ce moment dans les
banlieues parisiennes est une question strictement franco-française. Mais tout
de même ! Je me sens, comme tout Algérien soucieux du devenir d’un pays
voisin, en droit d’user du… droit d’ingérence humanitaire. En ce sens, il
faut que la France prenne en compte un certain nombre de conseils si elle veut
éviter le chaos généralisé. D’abord, laisser de côté la politique du
tout répressif. Ça ne mène à rien. Quand on aspire comme la France à
devenir une grande démocratie, on doit privilégier le dialogue sans exclusive.
Il faut que les “grands frères” barbus qui encadrent et ceinturent les
banlieues puissent s’exprimer dans le cadre d’un débat contradictoire. Des
télévisions d’Etat comme France 2, 3, 4, 5, etc. doivent s’ouvrir aux
émirs de la guérilla urbaine. La meilleure des voies, quoi qu’on en dise, c’est
le “ni Etat policier ni Etat intégriste”. On peut d’ailleurs s’étonner
au passage, toujours de manière amicale bien sûr, du fait que des raids
islamistes ont eu lieu dans des banlieues situées à quelques mètres seulement
de commissariats de police et de casernes de gendarmerie et de l’armée sans
que ces différents corps de sécurité soient intervenus à temps. C’est
bizarre, même si de source proche de Michèle-Alliot Marie on affirme que les
abords des cités étaient piégés et dangereux d’accès. On peut aussi s’étonner
du fait, confirmé par une source indépendante, qu’un hélicoptère du GIGN a
survolé les banlieues en feu toute la nuit, a filmé les exactions et avait à
son bord un très haut gradé de l’armée. Tout cela est profondément
troublant et amène des questionnements légitimes sur le “qui-tue-qui ?” ou
du moins sur le “qui-brûle-qui les Leclerc et Auchan du coin ?” Tout cela
doit être pris très au sérieux. Car, au-delà de la question
franco-française, il y va de la stabilité de toute la région. Et des pays
voisins comme le nôtre sont en droit de craindre un afflux massif d’intellectuels,
d’artistes, de réfugiés français de manière générale apeurés par la
guerre des banlieues et les menaces de liquidation de l’intelligentsia par la
peste verte. En attendant que le régime de Paris prenne conscience du danger,
je fume du thé et je reste éveillé à l’écoute du chahut de gamins, le
cauchemar continue.
H. L.
|