Dimanche 06 Novembre 2005
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DEVOIR D’INGÉRENCE HUMANITAIRE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
“Troubles dans les banlieues françaises. Alger réagit. Désormais, les demandes françaises de visas pour notre pays seront traitées par le consulat d’Algérie à …”

…Nantes

Je sais que la guerre civile qui sévit en ce moment dans les banlieues parisiennes est une question strictement franco-française. Mais tout de même ! Je me sens, comme tout Algérien soucieux du devenir d’un pays voisin, en droit d’user du… droit d’ingérence humanitaire. En ce sens, il faut que la France prenne en compte un certain nombre de conseils si elle veut éviter le chaos généralisé. D’abord, laisser de côté la politique du tout répressif. Ça ne mène à rien. Quand on aspire comme la France à devenir une grande démocratie, on doit privilégier le dialogue sans exclusive. Il faut que les “grands frères” barbus qui encadrent et ceinturent les banlieues puissent s’exprimer dans le cadre d’un débat contradictoire. Des télévisions d’Etat comme France 2, 3, 4, 5, etc. doivent s’ouvrir aux émirs de la guérilla urbaine. La meilleure des voies, quoi qu’on en dise, c’est le “ni Etat policier ni Etat intégriste”. On peut d’ailleurs s’étonner au passage, toujours de manière amicale bien sûr, du fait que des raids islamistes ont eu lieu dans des banlieues situées à quelques mètres seulement de commissariats de police et de casernes de gendarmerie et de l’armée sans que ces différents corps de sécurité soient intervenus à temps. C’est bizarre, même si de source proche de Michèle-Alliot Marie on affirme que les abords des cités étaient piégés et dangereux d’accès. On peut aussi s’étonner du fait, confirmé par une source indépendante, qu’un hélicoptère du GIGN a survolé les banlieues en feu toute la nuit, a filmé les exactions et avait à son bord un très haut gradé de l’armée. Tout cela est profondément troublant et amène des questionnements légitimes sur le “qui-tue-qui ?” ou du moins sur le “qui-brûle-qui les Leclerc et Auchan du coin ?” Tout cela doit être pris très au sérieux. Car, au-delà de la question franco-française, il y va de la stabilité de toute la région. Et des pays voisins comme le nôtre sont en droit de craindre un afflux massif d’intellectuels, d’artistes, de réfugiés français de manière générale apeurés par la guerre des banlieues et les menaces de liquidation de l’intelligentsia par la peste verte. En attendant que le régime de Paris prenne conscience du danger, je fume du thé et je reste éveillé à l’écoute du chahut de gamins, le cauchemar continue.

H. L.

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