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Zine El Abidine Ben Ali : “Le Sommet de Tunis sur l’information
a été une réussite à 98% !”
Le poids des habitudes
Wallah que ça fait du bien. Un bien fou ! Un ministre de la République qui ne
soit pas rivé de manière scellée et non négociable à son siège de ministre.
Guidoum, en charge du portefeuille de la Jeunesse et des Sports, s’exprimant à
propos de ceux qui voudraient l’empêcher de mener à bien son programme de
réformes, a mis les termes du contrat sur la table, sans masquer ses cartes,
sans bluff ni de carré d’as caché dans sa manche : “C’est eux ou c’est moi !” On
ne peut pas être plus clair. Mais au-delà du fait que Yahia Guidoum maintienne
le cap de ses idées, de son programme, il y a cette “mise à l’aise” de ceux que
son comportement gênerait. En clair, le ministre dit avec des mots à la
simplicité dure qu’il n’est pas arnaché à son fauteuil de la place du 1er-Mai,
que de ces journées, lorsqu’il n’était pas ministre, il savait quoi faire, que
dans sa tête, avant les questions de jeunesse et de sport, il y avait d’abord la
science dans son immense étendue chirurgicale et qu’enfin “inaâl bouha la
responsabilité qui vous ferait renier vos principes pour garder des privilèges
et un poste”. Je trouve cela tout simplement merveilleux. Car le Guidoum, à la
limite, on est allé le re-chercher pour lui confier de nouveau un maroquin. Et
si l’on a fait l’effort d’aller le sortir de sa passion médicale, c’est aussi et
surtout en connaissance de cause : quand on fait appel au prof Guidoum, on prend
un pack complet qui comprend aussi une grosse gueule que rien ni personne
n’empêchera de dire leur fait aux emmerdeurs. Cette race-là de ministres est
tellement rare que lorsqu’on en a un spécimen sous la main, on est bien content,
et en même temps triste de ne pouvoir le cloner. C’est des mecs et des nanas
qui, d’abord et avant tout, se sont faits ! Ont gagné par la sueur de leurs
méninges le droit de ne pas être otages des promotions ministérielles et autres
avantages de la République. Aujourd’hui ministre, demain plus rien ? Eh ben non
! Demain, de nouveau en salle d’op’. Demain, de nouveau en face de radiographies
à s’esquinter délicieusement les yeux. Ou dezzou maâhoum ! J’adore cette
indépendance acquise et inconfisquable. Et je fume du thé pour rester éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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