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Actualités : ABOUDJERRA SOLTANI DRESSE UN BILAN NÉGATIF DE L'ANNÉE 2005
Le MSP de retour dans l’opposition ?


La situation sur le plan social est des plus inquiétantes et l’unicité politique est de retour, a déclaré, jeudi dernier, Aboudjerra Soltani, en intervenant devant les cadres de son parti. Ministre d’État sans portefeuille, le président du MSP est la première personnalité politique à effectuer une sortie médiatique depuis l’évacuation du chef de l’État vers la France.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Aboudjerra Soltani semble avoir mis de côté son statut de ministre et de premier responsable d’une formation membre de l’alliance présidentielle. Lors de l’ouverture de la Rencontre nationale sur les questions organiques, qui s’est déroulée jeudi dernier au siège de son parti, Soltani donnait l’impression d’avoir versé dans l’opposition. “Ces derniers mois, nous avons assisté à certains bouleversements. 2005 a été l’année des scandales financiers, des détournements et des grosses affaires de corruption. C’est aussi l’année de la fragilisation du front social. L’Algérie est riche, les projets existent, la pluie a été au rendez-vous, la sécurité et la stabilité sont revenues et le peuple a signé un chèque en blanc à Abdelaziz Bouteflika mais nous assistons toujours à une ébullition au sein de la société. La première mission d’un Etat est de prendre en charge les attentes des citoyens”, dirat- il en précisant que le vaste “plan Marshall” lancé depuis 2001 et doté de plusieurs milliards de dollars (7 en 2001 et 55 en 2005) n’a pas profité à la population. Selon Soltani, “la charte portant réconciliation nationale, adopté par voie référendaire au mois de septembre dernier”, est le principal acquis de l’année 2005. Toutefois, c’est en abordant la question de l’activité politique que le président du MSP étonnera le plus. “Nous avons constaté un immobilisme dans la pratique de la politique, comme si le parti unique était de retour. Cela s’est d’ailleurs vérifié lors de la campagne de la charte pour la réconciliation”, notera-t-il. Mieux, selon lui, la culture politique est quasi inexistante en Algérie. “En 2007, auront lieu des consultations électorales, pourtant nous déplorons l’absence d’un enseignement de la culture démocratique afin d’inciter les citoyens à se rendre aux urnes. A l’approche de ces élections, il y aura encore des interférences d’ordres culturel, linguistique et régionaliste et le mouvement des arouch et les zaouïas se remettront en activité”, lancera Soltani. Ce constat d’échec du président du MSP, présenté comme étant un proche du président de la République, est surprenant à plus d’un titre. D’autant plus que sa sortie inattendue s’est déroulée durant l’absence de Abdelaziz Bouteflika, actuellement hospitalisé en France.
T. H.

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