Les étudiantes de l’université M’hamed- Bouguerra de Boumerdès, hébergées au niveau de la cité Bayou de la ville de l’ex-Rocher noir ont été nombreuses à manifester en occupant la rue, observer une grève de réfectoire et de cours pour dénoncer leurs conditions de vie. Tout a commencé, samedi dernier, lorsqu’une étudiante avait allumé une résistance pour réchauffer son café. Le camping-gaz qui fuyait dans la chambre avait pris feu. Selon les manifestantes, la victime a eu des brûlures graves au visage. “Elle est venue toute belle et elle repartira chez elle défigurée”, crie une protestataire. “Tout cela a eu lieu parce que le café du restaurant est dégoûtant et les chambres sont des frigos”, ajoute une autre. La directrice de cette cité qui loge environ 1 400 filles pour une capacité de 1 200, Mme Saïdani en l’occurrence, confirme l’accident mais assure que la victime n’a pas subi de grandes brûlures, “dès qu’elle quittera ses cours vous constaterez qu’elle se porte bien”. Or, les filles dehors nous ont déclaré que la victime est rentrée chez elle pour se soigner. S’agissant des autres doléances, notamment le chauffage défectueux, la directrice affirme avoir soumis un devis de plus de 5 millions de dinars à sa tutelle et attend le feu vert de celle-ci pour passer commande de réfection de la chaudière, “dans l’attente, j’ai proposé aux étudiantes une troisième couverture pour l’hiver”. D’autres griefs sont retenus par les étudiantes contre les responsables de cette cité concernant la restauration, les médecins de garde qui s’absentent souvent, la carence en matière d’activités culturelles. “Le défaut d’une bibliothèque dans une cité universitaire n’est pas normal”, estiment les protestataires. Elles dénoncent par ailleurs les incivilités, voire l’agressivité du personnel de la cité. “Dans le réfectoire, ils nous jettent le pain comme nous étions des moins que rien.” Pour Mme Saïdani le manque de déléguées des pavillons n’aide pas à l’étude et la résorption des difficultés. “Ça sert à quoi d’élire des déléguées s’il n’y a pas de volonté de la part de l’administration pour nous écouter. Nous l’avions fait par le passé et cela n’a abouti à rien”, rétorque une étudiante en 5e année. Il y a lieu de signaler qu’une organisation estudiantine proche des islamistes a, vainement essayé de récupérer ce mouvement de colère. “Nous ne reconnaissons pas dans cette organisation”, avaient tenu à nous préciser unanimement les protestataires dont la majorité est originaire de Haute-Kabylie. A. L.
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