Les commerçants des passages souterrains qui ont manifesté un refus catégorique quant à leur transfert vers de nouveaux locaux ont fini par abdiquer et s’apprêtent libérer les lieux. Commerçants ambulants et/ou à la sauvette jadis, ils étaient devenus maîtres des lieux, les souterrains, depuis plus de huit ans par la grâce d’une délibération douteuse de l’assemblée communale de l’époque. Au fil des années, les deux passages s’avéreront de véritables poudrières en plein cœur du centre-ville, puisqu’un rapport établi par les services de la Protection civile a attiré l’attention des autorités locales sur les dangers que représente l’entassement à ces niveaux de 250 marchands qui se disputent un espace très réduit réservé exclusivement aux piétons, selon sa vocation première. Pis encore, sur le plan environnemental et du cadre de vie, ce furent deux plaies de trop pour une cité qui ne cesse de subir les aléas d’une clochardisation presque réglementée. Sous l’impulsion du nouveau wali de Constantine, les autorités locales ont été cette fois-ci intransigeants et ont fait preuve de beaucoup de rigueur pour convaincre les marchands des souterrains à évacuer les lieux en n’excluant pas le recours, le cas échéant, à la force publique. En effet, plus de 250 commerçants exerçant aux souterrains vont être transférés aux 116 nouveaux locaux aménagés au niveau du marché du polygone et 76 autres au niveau du centre commercial de la cité Daksi. La dernière séance de travail tenue au siège de l’APC samedi dernier s’est terminée dans la bonne humeur contrairement aux deux séances précédentes tenues dans une atmosphère plutôt tendue. Ces séances de travail qui ont rapproché les différents points de vue ont regroupé toutes les parties concernées, notamment le président de l'APC, la vice-présidente chargée de la commission du patrimoine, des représentants de l’urbanisme, la DLEP, la Sûreté de wilaya, la DAL, la direction du commerce ainsi que les représentants de l’association des commerçants des souterrains. Interrogée sur le contexte de cette dernière séance de travail, la vice-présidente de l’APC chargée de la commission du patrimoine, Mme Bellil en l’occurrence, dira que “les négociations se sont très bien déroulées cette fois-ci et nous avons trouvé un terrain d’entente. A vrai dire, ils ne trouveront pas d’emplacements aussi adéquats à leur commerce que ces locaux, ils seront exonérés durant les trois premiers mois des charges de l’électricité, de l’eau et du loyer, et je trouve que c’était insensé et irraisonnable qu’ils aient refusé de déménager vers ces locaux au début”. Elle répondra, par ailleurs, au sujet des montants des loyers qu’appréhendent les commerçants que “nous n’avons pas encore décidé pour le tarif du loyer, cette question est à l’étude actuellement, mais allons sûrement les arranger sur ce plan et ça sera loin d’une somme épuisante mais plutôt en connivence avec leurs capacités”. En outre, et afin de mener à terme cette opération et surtout la préserver de tout éventuel dérapage, la vice-présidente précisera, par ailleurs, “nous avons accepté toutes les conditions exposées par les commerçants lors de la dernière séance de travail. Des conditions qui sont relatives notamment à l’éclairage et à l’aménagement des esplanades d’entrées et bien d’autres réfections...”. Cette étape a été suivie dimanche dernier par un tirage au sort en séance publique au palais de la culture Malek- Haddad, inhérent aux affectations nominatives des locaux aux bénéficiaires et à la sélection des groupes qui occuperont les locaux du marché du Polygone et ceux du centre commercial de la cité Daksi. Ce tirage au sort s’est dérouté dans un climat plutôt serein en apparence, puisque d’aucuns s’ils étaient contraints d’assister à ce tirage au sort et subir les instructions émanant des responsables locaux, n’ont pas dissimulé un regret quant à ce transfert au moment où d’autres ont préféré que celui-ci se fasse après la fête de l’Aïd prochain. Interrogé justement sur cette question, un représentant de l’association des commerçants dira : “Nous aurions souhaité qu’on nous laisse un peu plus de temps pour évacuer les souterrain afin qu’on puisse au moins liquider le plus possible de notre marchandise, notamment avec l’approche de l’Aïd.” Les souterrains du centre-ville longtemps submergés par une foule permanente seront-ils toujours son chemin favori ou bien troquera-t-elle ces passages avec le chemin menant à l’autre bout de la ville, au Polygone ou à Daksi et faire le bonheur de ces commerçants qui craignent surtout l’éloignement. Notons, enfin, que l’opération de transfert débutera le 2 décembre et que rien pour l’insistant n’augure de heurts probables que l’on a toujours craints. Latif F.
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