L’Onu a présenté, hier, aux pays donateurs un programme d’aide sans précédent en faveur du Soudan pour 2006, d’un montant de 1,7 milliard de dollars. ”Les défis au Soudan sont immenses mais nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer”, a affirmé le coordinateur de l’aide humanitaire au Soudan, Manuel Aranda da Silva. De ce total, 1,5 milliard de dollars seront consacrés à l’aide humanitaire, principalement dans la province du Darfour (ouest), ravagé par une guerre civile depuis 2003, et à financer le retour dans leurs foyers de sept millions de personnes déplacées. Ce retour est rendu possible par l’accord de paix de janvier 2005 entre gouvernement et rebelles qui a mis fin à près de 20 ans de conflit dans le sud du pays. “Un tiers du total de l’aide humanitaire dans le monde se concentre sur le Soudan”, a souligné Jan Pronk, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Soudan. Le Soudan représente un tiers des 4,7 milliards de dollars dont l’Onu aura besoin en 2006 pour ses activités humanitaires dans 26 pays. Dans le cadre du programme pour le Soudan, 600 millions de dollars seront consacrés à nourrir et assurer les besoins essentiels de 5,5 millions de personnes. Quelque 212 millions iront à des projets de reconstruction et de développement. “Le sort de millions de Soudanais, et même le succès de l’accord de paix, dépend de notre réponse” aux besoins humanitaires, a estimé Aranda da Silva. Des représentants des rebelles soudanais ont rencontré mercredi à Abuja des membres du gouvernement de Khartoum dans le cadre de la reprise des pourparlers de paix sur le Darfour. Déclenché en février 2003, le conflit a fait entre 180 000 et 300 000 victimes et chassé de leur domicile deux millions de personnes. Il oppose des groupes rebelles noirs, luttant pour un meilleur partage des richesses, aux autorités de Khartoum et aux milices arabes qui lui sont alliées. Selon M. Pronk, une “convergence de facteurs” pourrait conduire à la paix au Darfour. “Nous ne nous attendons pas encore à un résultat final, mais la situation est plus favorable”, a-t-il expliqué. Il a fait valoir que les taux de mortalité au Darfour ont fortement baissé grâce à l’aide internationale. “Au lieu de plusieurs dizaines de milliers de morts par mois, il n’y en a plus que quelques centaines”, a-t-il déclaré. Toutefois, a-t-il ajouté, seuls 20% des habitants du Darfour sont autosuffisants sur le plan alimentaire et des attaques de “bandits” ou de “milices” menacent la distribution de l’aide dans certaines régions.
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