Un festival de la chanson chaouie pourrait voir le jour dans un proche avenir si tout est en ordre et si les propositions émises en ce sens par la direction de la culture de Batna, bénéficient d’un soutien de la part des responsables de la wilaya et d’autres intervenants dans le cadre culturel au sens large du terme. Ce festival permettra entre autres de préserver les traditions artistiques et culturelles propres à la région des Aurès, de réactiver les troupes et les chanteurs du terroir chaoui et de permettre à un large public de goûter aux chansons mélodieuses qui faisaient tourner la tête aux hommes et aux femmes d’antan. Il nous a été donné de constater tout l’intérêt que portaient de jeunes et moins jeunes aux chansons chaouies lors du festival de 2005 de Timgad ou Massinissa, Belbèche, Farid Houamed et Hassan Daddy ont littéralement dominé la scène et conquis un public survolté. Sans oublier Keltoum El Aurassia et Zohra El Batnia accompagnées de troupes folkloriques où brillaient de mille feux ces femmes vêtues de meklahfa qui exécutaient les fameuses danses chaouies aux mouvements tantôt lents et tantôt vifs. Le précurseur de la chanson chaouie moderne n’est autre que le fameux Aïssa Djermouni, qui a été l’un des premiers Africains à avoir chanté à l’Olympia dès 1937. Ce qui est particulièrement extraordinaire, c’est que ce fabuleux chanteur continue à faire parler de lui 60 ans après sa mort à l’image de ces groupes et ces chanteurs en solo versés dans la chanson chaouie qui s’inspirent jusqu’à aujourd’hui de ses innombrables mélodies aussi poignantes les unes que les autres. La chanson chaouie ne se limite pas uniquement à la wilaya de Batna mais concerne aussi celle de Khenchela et à titre spécifique celle d’Oum El Bouaghi qui a vu naître le fameux groupe Les Berbères auteur d’un parcours époustouflant grâce à plusieurs tubes à l’exemple de la chanson Chach Amelal dans les années 1980 et qui a donné une grande dimension à la chanson chaouie confinée jusqu’alors dans des espaces très réduits. L’exceptionnel Djamel Sabri a produit, il n’y a pas longtemps la chanson Amghar qui a été reprise par d’autres chanteurs en vogue avec un mélange de chaoui et de raï. Le romantique Smaïl Ferah qui faisait partie du groupe Les Berbères est à mettre en valeur tout comme le groupe Ithrènes ou encore le groupe Axel qui est parvenu à décrocher il y a quelques années de cela le premier prix au festival de la musique moderne à Oran. Du côté nostalgique, bon nombre d’amoureux de la chanson chaouie ont regretté le retrait de Nouar Nezzar de Batna qui a marqué de son empreinte, à une époque donnée, la scène artistique chaouies mais aussi le groupe Thigieres d’Oum El Bouaghi qui a subitement disparu après avoir produit de superbes tubes tels que Asserahou Mekhlouli. N. B.
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