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Les rumeurs ayant circulé ces dernières heures et faisant état d’un malaise
cardiaque dont aurait été victime Ouyahia sont fausses et dénuées de
tout fondement. Pour une raison toute simple :
Il n’a pas de cœur !
Eh ben ! Vous en avez mis du temps ! Après plusieurs jours d’hésitations,
d’atermoiements et de “je-m’en-foutage” incompréhensibles pour des électeurs
ayant plébiscité à plus de 84% le président, vous vous décidez enfin à vous
inquiéter du sort de celui pour qui vous avez voté en masse. Mieux vaut tard que
jamais, pour reprendre l’hyper éculé cliché ! Mais ne faisons pas la fine
bouche, l’essentiel étant que vous vous soyez enfin réconciliés avec l’image que
nous avons de vous depuis des lustres. Vous revenez à votre péché mignon, le
communiqué de “prompt rétablissement” faxé en des centaines d’exemplaires aux
rédactions du pays, avec, bien en évidence, en gras souligné la signature du
président de l’association, du parti politique, du comité machin, de la
fédération chose, du forum “k'da ou k'da”, du rassemblement tartempion, de la
confédération “flaniya” ou du “machaâl zembrek”. Nos télécopieurs n’en peuvent
plus ! Ils sont au bord de l’épuisement. Les rouleaux de papier fax défilent à
une allure folle. Il se trouve même des envoyeurs de fax de bonne santé au chef
de l’Etat qui postent le même message 36 fois, au cas où les 35 premiers textes
se seraient égarés dans les couloirs de nos rédactions. La voilà l’Algérie que
je connais, belle, autrefois rebelle et aujourd’hui disciplinairement inquiète
de la santé de son chef. Wallah que ça fait chaud au cœur. Le chœur des
communiqués en rangs d’oignions serrés, les uns plus ostentatoires que les
autres, les uns plus affligés que les autres, les uns plus consternés que les
autres, les uns plus empressés que les autres de voir Abdekka regagner le pays
en “bonne et parfaite santé”. J’admire aussi cette faculté des rédacteurs de ces
communiqués à écrire quasiment le même segment de phrase : “Nous sommes
convaincus que l’état de santé de Son Excellence le chef de l’Etat ne peut aller
qu’en s’améliorant…” C’est fou ce que des gens qui ne sont pas médecins
travaillant au Val-de-Grâce, qui ne sont pas aux abords de cet hôpital parisien
et qui ne sont même pas en France, arrivent malgré tout, à partir d’Alger ou de
toute autre ville d’Algérie à décider tous seuls que l’état de santé du
président ne peut que s’améliorer. Même l’équipe médicale qui suit Abdekka nuit
et jour ne s’est pas avisée de pondre un bilan de santé. Même les autorités
algériennes se gardent bien d’anticiper sur le travail et le diagnostic des
toubibs. Oh, bien sûr, il y a Ouyahia qui vient d’affirmer que “l’état de santé
du président de la République s’est encore amélioré et qu’il n’y a
définitivement aucune inquiétude à nourrir”. Mais Ouyahia, moi, je me méfie
toujours des bilans qu’il donne. Ne dit-il pas, à chaque fois qu’il passe devant
les députés, que l’état de santé de l’Algérie s’améliore de jour en jour et
qu’il n’y a définitivement aucune inquiétude à nourrir quant à notre avenir ? Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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