Jeudi 08 Décembre 2005
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LES PEINTRES QUI PEIGNENT, C’EST PAS UN SCOOP !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

“Le ministre des Finances est formel : nos banques
sont malades.”

Le Val-de-Grâce ?

C’est une supplique que j’adresse à ce lecteur qui bombarde systématiquement, depuis 48 heures, ma boîte e-mail de ce “scoop” : “Je vous assure, Monsieur Laâlam, qu’ils sont en train de repeindre le cimetière d’El Alia.” Je voudrais dire à cet honorable lecteur que n’ayant pas de penchant particulier pour les fantasmes nécrophiles, le fait de rafraîchir un cimetière ne provoque pas en moi une jubilation intense. Je trouve, au contraire, que l’acte d’entretenir des lieux comme les cimetières, présentement El Alia, est d’une banalité mortelle. Que voulez-vous que je fasse d’une telle information, cher lecteur fidèle ? Je peux, à la limite, saluer la bonne marche du service chargé de l’entretien des dernières demeures. Bien sûr qu’en poussant un peu plus loin la réflexion on peut se dire que dans tout le marasme ambiant, dans le laisser-aller quasi général, dans la gabegie totale, dans le “je-m’en-foutisme” élevé au rang de doctrine nationale et dans la culture du beylek, cela fait plaisir de savoir que des îlots de sérieux et d’abnégation subsistent. Qu’en l’absence d’actes forts de gestion, qu’en l’absence aussi de traditions ancrées du travail bien fait, et qu’en l’absence enfin d’une organisation sociale qui récompense le mérite, des gens, dans l’ombre, sans grand tapage, sans publicité outrancière travaillent à rendre plus vivable un lieu de repos comme El Alia. Il est tout de même plus agréable pour les visiteurs, ceux qui viennent se recueillir sur les tombes des êtres qui leur sont chers de le faire dans un cadre propre, repeint de frais et aux allées bien dessinées. Et il est tout aussi agréable pour les personnes qui reposent dans ces lieux de le faire sans avoir à souffrir des détritus, des herbes folles et des peintures qui s’écaillent au-dessus d’eux. Puissent tous les secteurs de l’activité nationale suivre cet exemple et donner ainsi à voir l’image d’un pays plein d’entrain et de vie. En attendant qu’un autre lecteur m’apprenne qu’on est en train de rafraîchir l’aéroport, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L.

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